mercredi 27 novembre 2013

Pourquoi "l'abolition" de la prostitution est une mauvaise idée

Oui, vous ne rêvez pas : la France va essayer d'interdire une nouvelle fois d'interdire la prostitution. Cette fois, les grands moralisateurs de la république ont trouvé un moyen de rendre cette absurdité acceptable aux yeux de la gauche : en insultant et pénalisant le client. Le client est un esclavagiste, ou tout au moins un complice passif. Le plus indécent dans cette loi est l'amalgame entre l'esclavagisme sexuel et la prostitution choisie.

Voici pourquoi tout ceci est absurde.

La véritable raison de la pénalisation du client : le féminisme moderne

Les féministes radicales modernes sont en réalité des misandres qui cherchent à dévaluer par tous les moyens la source de leur haine : l'homme. Oh pardon ! Selon leur discours il ne s'agit pas de l'homme mais du patriarcat. Dans les faits ça revient au même.

Prenons le discours bien rôder d'une de ces crypto-féministes : "prostitution = 85% des femmes – et 99% des clients des hommes". Il s'agit d'une statistique trompeuse car le pourcentage sur l'ensemble des hommes est très faible. Mais dans leur esprit, en s'attaquant à la prostitution, elles s'attaquent aux hommes. Ceci dit cette statistique sortie du chapeau peut être biaisée à cause de la morale et des gens qui mentent en répondant.

Dans un premier temps les féministes radicales modernes ont essayé d'entendre la définition du viol à tout relation consentie contre rémunération : sous entendu, une relation consentie rémunérée n'est pas réellement consentie... L'absurdité saute aux yeux.

Une loi qui ne s'occupe que des femmes

L'article 2 le prouve : "Création au sein des conseils départementaux [...] d'aide aux victimes et de lutte contre [...] les violences faites aux femmes [...]"

Pourquoi seulement les femmes ? Un quart des violences conjugales sont contre des hommes. Alors pourquoi les ignorer ?

Régulation ou pénalisation des clients : rien n'est prouvé

Le problème est que tant que le métier de prostituée n'est pas régulé, il est impossible à quantifier. En Suède, la loi pénalise les clients, sauf qu'il est impossible d'évaluer son efficacité ou son inefficacité. Touts ceux qui vous affirment que c'est efficace ou l'inverse sont des menteurs.

Par contre la régularisation du métier permettra au moins de quantifier le phénomène.

En fait, nous pouvons faire le parallèle avec la drogue. Pour la marihuana, nous avons tenté de pénaliser les distributeurs, puis les clients, puis finalement les USA commence à dépénaliser, à réguler et à taxer. Le problème est que Nixon a déclaré la "guerre contre la drogue" (War on drug) en 1971. Devrons-nous attendre 40 ans avant de nous avouer que c'était une idiotie ?

Qu'en disent les prostituées ?

En résumé, les féministes n'en ont rien à cirer ! Ce que les féministes refusent de voir, c'est qu'en s'attaquant aux clients, elles s'attaquent aussi aux revenues des prostituées. Les prostituées sont effectivement des victimes du système, c'est à dire de l'Etat, mais certainement pas de leurs clients.

Pour les féministes radicales :

  • demander à une prostituée ce qu'elle en pense, c'est comme demander à un alcoolique s'il veut qu'on interdise l'alcool
  • une féministe doit défendre une femme contre le patriarcat, contre son propre avis, car le patriarcat lave le cerveau de tout le monde. "C'est pour vous que nous le faisons. Vous nous remercierez plus tard."
  • les prostituées sont (évidement) sacrifiables à la cause supérieure du féminisme (radicale), dont le but est dominer les hommes ou tout du moins de les rendre misérables.

En tout cas voici l'avis d'une prostituée : elle affirme qu'elle n'est pas sûre d'avoir un point de vue fixe, mais en tout cas elle est sûre de ce qu'elle ne veut pas : elle ne veut pas de cette fausse "abolition".

Les STRASS et les autres associations d'aide aux prostituées n'en veulent pas. Les clients n'en veulent pas !

Faut-il en parler à l'école ?

Au moyen de l'article 15, les féministes veulent introduire à l'école le fait de discuter de la prostitution à l'école. Je trouve excessivement dangereux de vouloir parler de mœurs à l'école : les dérives de politisation du sujet sont très probables.

C'est bien évidement un moyen d'introduire un cours crypto-féministe au sein de la scolarité. Pourquoi pas des cours de catéchisme imposés au musulmans et aux juifs ?

En début d'année la ministre du féminisme, pardon du droit de la femme (mais pas des hommes) avait tenté d'insérer des cours de féminisme ou plus certainement de respect de la femme, dans les programmes éducatifs : l'oppression des mâles envers les femelles leur est tellement évidente qu'il faut des cours de tolérance au plus tôt chez les hommes. Mais pas de respect des hommes de la part des femmes, c'est trop machiste.

N'oublions pas que notre chère ministre des droits de la femme a visité une crèche sans genre... Tous égaux signifie-t-il tous uniformes ? Vive les usines-écoles de la République.

Des solutions pour sortir de la prostitution

Non, la loi ne propose pas vraiment de solution à long terme. Un réel moyen à long terme serait plutôt le revenu universel.

En attendant cette utopie, la seule proposition à moyen terme de cette loi est d'offrir un titre de séjour temporaire à ceux et celles qui font un parcours de sortie de la prostitution... Personnellement je simplifierais plutôt radicalement les lois pour devenir français : tu as deux pieds sur le sol français et tu me dis "je veux devenir français" ? Tiens, voilà une carte d'identité ! Ça ferait beaucoup d'économies pour l’État.

Mais le titre de séjour ne concerne que les prostituées en situation irrégulière en France. Soit une petite partie de la prostitution. Oui cette part est de toute façon n'est pas mesurable, puisque l'illégalité empêche le comptage.

Conclusion

En confondant esclavagisme et prostitution, les féministes fragilisent les prostituées française en les poussant encore plus vers la clandestinité pour protéger leurs clients. La pénalisation va sans doute diminuer le revenu de ces personnes déjà fragilisées. C'est un sacrifice calculé par les féministes modernes à l'autel de leur idéologie radicale. L'application de leur idéologie vaut bien le sacrifice de quelques filles de joie à leurs yeux, car au fond ce qui est important ce ne sont pas de sauver une poignée de femmes mais d'enfoncer les hommes.

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