mardi 18 février 2014

Mar_Lard est en page d'accueil de Arrêt sur Image

Arrêt sur Image a bien d'autres émissions plus récentes qui abordent, par exemple, le sujet des jeux de guerre et l'américanisme pro-militaire dégoulinant (qui donne la nausée).

Excellente émission : Les jeux vidéo de guerre : une idéologie à sens unique.

Pourquoi avoir remonté en premier la vidéo de Mar_Lard, à la place, sur le site ? A cause des récents sujets sur le féminismes ?

Je suis tout à fait d'accord avec cette vidéo qui critique les média, dont @SI : (En fait il y a trois vidéos de 40 mn. Heureusement Youtube propose de lire les vidéos en 2x :-) Il pose la question suivante.

Pourquoi un article aussi mal écrit a-t-il eu autant d'écho ?

L'article de Mar_Lard (dont j'ai déjà parlé) est une accumulation d'exemples bien particuliers, de story-telling. Aucun vendeur ne se jette sur les clients dans un magasin, pour demander à toutes les filles, "c'est pour vous ou pour votre copain ? Vous voulez la carte rose du magasin ?" D'ailleurs, en voyant arrivé Mar_Lard qui a l'air d'une camionneuse, le vendeur ne doit pas se poser la question ; c'est bien pour elle, et inutile de lui proposer des jeux trop girly ou une carte rose. Même les plus mauvais vendeurs ont un brin de psychologie.

Mar_Lard renvoie une image du monde des geeks à base d'une collection de tweets et de blogs tumblr focalisés sur le féminisme.

C'est bizarre d'avoir fait une émission sur la rumeur et la loupe déformante d'internet et de ne pas se rendre compte que Mar_Lard est exactement ça : une loupe déformante du monde des geeks parce qu'elle ne cherche que "jeu-vidéo sexisme" sur Google. Elle est dans une communauté de féministes. Elles s'inventent un théorie du complot des hommes contre les femmes, nommé "patriarcat" (notez que le sens original de patriarcat n'est pas celui des féministes).

Le féminisme de Mar_Lard est, à la limite radical, et à base de théorie du genre. Ce féminisme a la particularité de nier la différence entre hommes et femmes : tout est la faute de la construction sociale. Certain(e)s poussent même le bouchon jusqu'à affirmer que les filles sont physiquement plus faibles parce qu'il leur est enseigné que les femmes ne font pas de sport.

Il disait quoi Pierre-Carl Langlais sur la communauté de la Terre plate ? Ils sont capables de s'inventer des contre-arguments à tout argument valide, ce qui rend impossible de les convaincre que leur théorie est fausse.

L'argument ultime de ces féministes étant d'affirmer qu'il n'y a pas de théorie du genre. Le sous-entendu est que c'est une vérité universelle. Tout débat devient impossible.

Pourquoi les journalistes parlent de Mar_Lard ?

L'esprit moutonier des journalistes papier et télé ? Le fait est que taper sur les internautes et les gamers ne fait pas perdre de téléspectateurs ni de lectorat car ils sont déjà perdus. Tapons tous joyeusement sur les geeks : ils sont malades, car ils sont sexistes. Insultons-les ! Comme Mar_Lard est elle-même une geek (autoproclamée) il est tout à fait admissible d'y aller à fond. Ce n'est donc pas les journaux qui le disent, mais une geek ! Ah la fausse neutralité des média. Choisir à qui on donne la parole est tout sauf neutre. Le fait est qu'aucun journaliste n'a fait de critique objective de l'article de Mar_Lard d'un point de vue journalistique, en vérifiant ses affirmations et en recoupant ses exemples.

Mais avec la TVA à 2,1%, maintenant même sur Internet, le Monde et les autres journaux vont devoir réviser leur stratégie internetophobe. D'ailleurs, n'est-il pas contradictoire qu'un journal appartenant en partie à Xavier Niel, n'arrête pas d'insulter les internautes, dont font partie, les clients de Free ?

Tout ce qui a été dit à propos des jeux de guerre sur les rapports entre producteurs et créateurs peut être transposé à propos du sexisme. Les producteurs veulent plus de sexe/violence parce qu'ils pensent que ça fait vendre, les créateurs veulent une oeuvre équilibrée.

Comme dit Louis-Emile de Réac dans 3615 Usul, "les gens oublient que le fric, c'est du pognon". (ou dans l'épisode sur l'érotisme : "Nichons = pognon")

Conclusion

Citons la ministre Fleur Pellerin : "On trouve dans le numérique la même proportion de machistes ordinaires qu'ailleurs."

Au final, les geeks sont ni plus ni moins malades que le reste de la société ?!

mercredi 8 janvier 2014

TV Tropes : un site génial

TV Tropes est un site génial où vous pouvez rester des heures à lire les présentations de "tropes". Vous pouvez redécouvrir vos films, vos séries ou romans sous l'angle de leurs "tropes" respectifs, et ainsi voyager de films à la définition de chaque "trope" pour suivre à nouveau un lien vers une autre œuvre de fiction. C'est purement génial !

Qu'est-ce un Trope ?

Un trope, en rhétorique, consiste à utiliser un mot pour un autre par association d'idées. Typiquement utiliser le mot "flamme" à la place de "amour", est un trope. Utiliser "trois mats" à la place de "bateau" est aussi un trope.

"Tropes" au sens du site "TV Tropes" n'a qu'un lointain rapport avec ce sens. Il n'ont gardé que l'aspect "figure de rhétorique".

Un "trope" au sens du site, peut être traduit par "figure narrative", "récurrence scénaristique" ou "artifice de fiction". Un "trope" est donc au scénario de film ou de série, ce que la figure de rhétorique est à la poésie : un schéma reconnaissable dans la trame de l'histoire.

Le Trope par l'exemple

Un "trope", au sens du site TV Trope, est donc un schéma reconnaissable et répété entre plusieurs œuvres dans la trame d'une histoire.

Les "tropes les plus connus sont la fin heureuse ou "Happy End" des films américains. Le Happy Ending est le fait de terminer une histoire par une fin heureuse. Les studios de cinéma américain utilisent régulièrement une fin est heureuse pour leurs films, combien même l'histoire dans l'œuvre originale se termine mal. Par exemple la petite sirène se suicide chez Hanz Andersen, alors qu'elle épouse le prince chez les studios Disney.

Le Deus ex machina est sans doute l'un des "tropes" les plus vieux. Il s'agit d'avoir une situation tellement inextricable, qu'une intervention divine ou quasi-divine est indispensable pour résoudre tous les problèmes. Bien entendu, le spectateur a alors un fort sentiment de frustration. Le nom vient du fait que du temps du théâtre, une apparition divine faisait son entrée sur scène au moyen de câbles et de polies : "le dieu au moyen d'une machinerie". Par exemple dans les pièces de Molière, le roi intervient dans Tartufe et une statue ou un fantôme dans Dom Juan.

Plus récemment, Alfred Hitchcock a formalisé quelques concepts, tel que le Mac Guffin. Une MacGuffin est un prétexte au développement d'une histoire. Il s'agit d'un objet (ou quelqu'un) que plusieurs personnes veulent, mais qu'il est plus intéressant de ne pas montrer au spectateur. Le concept se base sur l'imagination du spectateur, qui ne voit pas le Mac Guffin.

Mais TV Tropes est bien plus que ça

En réalité, le site va plus loin que la simple définition de "trope" que je viens de donner.

Certains articles traitent de la réaction de certains spectateurs dans le monde réel. Par exemple l'article intitulé La réalité est irréelle parle du fait que certains spectateur idéalisent certains objets, personnes ou action au point de ne pas se rendre compte que la réalité n'est pas exactement ce qu'il imagine. Par exemple se plaindre d'un faux accent anglais, alors que la personne est réellement anglaise. L'acteur principal de Docteur House est en fait anglais, mais utilise un accent américain quand il joue son personnage par exemple.

Certains articles sont plus politiques. Par exemple certains traitent de "féminisme", ou plutôt de "masculinisme" (en fait ils signalent l'inégalité des sexes).

L'article Double Standard introduit le concept général relatif à la discrimination selon le sexe (notez qu'il ne faut pas parler de "genre" mais bien de "sexe biologique" ici. Certain(e)s font l'erreur, dont l'article lui-même).

Des articles peuvent dériver un concept. Des exemples d'articles qui découlent du concept de double standard sont L'homme est le sexe/genre sacrifiable et le double standard du viol des hommes par des femmes.

L'homme est le sexe/genre sacrifiable souligne que les hommes se font souvent tuer ou battre à l'écran tandis que si une femme se fait tuer ou battre, la caméra détourne le regard ou bien l'action se passe hors champ. Les hommes se font aussi plus souvent tuer que les femmes.

Le double standard du viol des hommes par des femmes souligne que certaines actions de femmes sont souvent montrer comme gratifiantes pour les hommes (main aux fesses, sifflet, regard intense) tandis que l'inverse est souvent présenté comme du harcèlement.

D'autres articles parlent de la perception de l'œuvre selon les spectateurs. Par exemple, La Science continue d'avancer parle de l'influence des découvertes scientifiques sur la perception de l'œuvre par le spectateur. En particulier, une théorie présentée comme vraie dans le scénario et utilisé par les protagonistes peut se révéler totalement fausse des années ou des siècles plus tard. Ainsi dans le roman de Jules Verne De la Terre à la Lune, adapté par Georges Méliès les protagonistes utilisent un canon et marche naturellement sur la Lune. Nous savons maintenant que l'accélération d'un canon tuerait les passager de l'obus au décollage et à l'alunissage. L'absence d'atmosphère de la Lune empêche des hommes de se balader sans scaphandre et l'absence de filtrage des rayons solaires par l'atmosphère les rendraient aveugles s'ils n'ont pas une visière filtrante.

Certains articles parlent de techniques visuelles pour que le spectateur comprenne ce qu'il se passe. Par exemple les interfaces graphiques d'ordinateurs sont visuellement belles pour le spectateur, mais n'ont aucune utilité pratique. Les marionnettes, surtout celles sans bouche, agitent leurs têtes quand elles parlent, pour que le spectateur comprenne laquelle parle. C'est aussi vrai pour les personnages de film tels que Batman dans Batman & Robin, Darth Vader dans La Guerre des Étoiles ou le personnage principale de V pour Vendetta.

L'histoire du site

À l'origine consacré à Buffy contre les Vampires, TV Tropes s'est développait bien au delà de ça. Tous les scénarios de tous les films, de toutes les séries sont disséqués et analysés sous l'angle des "tropes". Parfois même des faits réels y sont présents(!).

À mon avis, ce qui a motivé la création du site, ce sont les fan-fictions. Les fan-fictions sont des histoires crées par des fans autour de personnages préférés (d'une série, d'un film d'une BD, etc), a priori sans but lucratif. Le site permet de référencer les facilités scénaristiques afin d'éviter de créer une histoire à l'apparence trop amateur. À l'image de l'article Mary Sue qui est un concept qui a pour origine une fiction de fan.

Une "Mary Sue" est un personnage qui est de doute évidence une projection de l'auteur dans l'univers qu'il affectionne. Le personnage a toutes les qualités du Monde, toutes les vertues, les meilleures notes de l'académie et est (ou sera) admiré par les personnages principaux de l'œuvre d'origine. Il peut éventuellement avoir des relations sexuelles avec chacun des personnages principaux. La "Mary Sue" d'origine était une parodie qui rassemblait tous les grands standards dans les fan-fictions de piètre qualité sur l'univers de Star Trek.

Conclusion

Eh ben, bonne lecture !

vendredi 3 janvier 2014

En panne d'idées de cadeaux ? Les jeux de sociétés !

Voici un article qui arrive après les fêtes de fin d'années, mais qui aurait été mieux avant. Ce n'est pas grave : vous aurez un an d'avance pour l'année prochaine. Et avant cela, il y aura les anniversaires.

Chaque année se pose le problème des cadeaux de Noël : mais qu'offrir aux membres de sa famille ? Surtout quand on vieillit, la famille s'éclate à travers la France (voir le Monde). On ne les voit plus si souvent : on ne connaît plus tellement leurs goûts. Parfois, il y a de petits nouveaux membres qui apparaissent. Comment éviter les pannes d'idées et les doublons dans les cadeaux ? Voici le guide de survie de la chasse aux cadeaux de Noël.

Première étape : la liste de cadeaux

Une bonne solution est de demander à chacun une liste. Ainsi pas besoin de réfléchir à un cadeau qui a de forte chance d'être revendu sur ebay dès le 26 décembre.

Deuxième étape : la liste en ligne

Je pense que l'idéal est d'utiliser "Google doc" : un document texte, où on peut mettre des listes avec des images et des liens vers Amazon, ebay et les autres sites.

J'essaie de convaincre ma famille que c'est l'idéal : toujours à jour, et pas besoin d'échanger des powerpoints (avec le risque qu'ils ne soient pas lisible par tous) et de ne pas trouver à un prix raisonnable le cadeau voulu.

Troisième étape : les jeux de société

Grâce à la première étape, vous avez tout du moins déporté la recherche d'idées à celui qui va recevoir des cadeaux. Sauf qu'il faut alors avoir des idées pour soi-même !

Avec le jeu de société, voilà une source (quasiment) inépuisable de cadeaux, non seulement pour vous, mais aussi pour votre entourage !

Le dessinateur du blog du Monde "l'actu en patates" (excellente BD en ligne, au passage) est aussi amateur de jeux de société. Dans cet article en lien, il conseille des jeux, selon l'age, le nombre et le niveau des joueurs.

Dans cet article, il conseille des jeux pour Noël 2011.

Il a même créé un site pour référencer ces sélections de jeux et ses critiques.

Il existe des jeux pour expert du jeu, mais aussi pour toute la famille (comme le montre l'actu en patates). Vous n'aimez pas perdre aux jeux de société et vos neveux détestent jouer avec vous ? Il existe des jeux coopératifs où le but est de battre le jeu (dont le comportement est tiré au dé).

Mais le site de référence en jeux de société est tric trac.

Les deux gros sites d'achat en ligne pour les jeux de sociétés sont PhilibertNet et Amazon.fr.

Et si vous avez peur de vous tromper, sachez qu'il y a chaque année des prix pour les jeux. En piochant dedans, vous ne pouvez pas vous tromper :

Pour ma part, j'ai mis Quitte ou double sur ma liste cette année, et je ne le regrette pas : c'est le jeu auquel nous avons joué le plus en famille cette année. L'année dernière c'était ma Wii (que j'avais apporté pour mes nièces et mon neveu) qui avait eu le plus de succès. Cette année nous avons plus joué à Quitte ou Double qu'à tous les jeux Wii (Just Dance compris).

Quatrième étape : commander en ligne

Rien de tel pour éviter les problèmes de queues et de transport de tous ces cadeaux. Cette année, je suis allé avec un rouleau de papier cadeau chez mes parents. Tous les colis sont arrivés par la poste, directement livrés, là où nous allions fêter Noël : c'est fort agréable. D'autant que, pour ma part, je me suis mis à vivre sans voiture (en bon grand-parisien).

Conclusion

Le jeu de société, c'est le cadeau magique.

lundi 9 décembre 2013

Rigolons avec Anita Sarkeesian

Vous ne connaissait pas Anita ? Lisez mon article qui présente Anita Sarkeesian.

Fembots

Dans sa vidéo sur les fembots, Anita réussit à assimiler des objets animés que sont des robots à forme humaine à des femmes et considère donc la représentation que renvoie le robot, comme une attaque de l'image de toutes les femmes de la Terre. Sauf que ces robots ne sont que des objets programmés pour reproduire des attitudes humaines.

Cette vidéo est hallucinante de bout en bout, car il suffit de se dire, "oui mais un robot n'est qu'un objet animé". Et ces objets en question sont bel et bien fabriqués pour contenter leur créateur pour faire le ménage, et pourquoi pas sexuellement (des poupées gonflables améliorées) ; chacun son délire au lit. Je ne juge personne.

Quoiqu'il en soit, les publicités dont parle Anita, sont évidement faites pour choquer, pour marquer l'esprit du spectateur et qu'il se pose des questions vis-à-vis de ces robots à forme humaine.

Le Test de Bechdel

Dans sa vidéo sur le Test de Bechdel, Anita essaie d'appliquer ce test sur les films ayant remporté des Oscars.

Le Test de Bechdel est réussit, si un film a les trois points suivant : (1) deux femmes ayant un nom, (2) qui se parlent (3) d'autre chose que d'un homme.

Ce test essaie de démontrer par l'absurde que les films sont outrageusement centrés sur les hommes. Sauf que le test n'est pas fait pour affirmer que les films qui le réussissent sont compatibles avec le féminisme. D'ailleurs, il y a plein d'exemples de films misogynes qui le réussissent, et de films adorés par les féministes qui ne le passent pas.

Selon le site bechdeltest.com, 56% des films réussissent le test, ce qui est énorme car l'inventeur voulait que le test démontre de manière incontestable que la majorité des films sont centrés sur les hommes.

Anita arrive justement à ce constat : il n'y a pas assez de films qui ne réussissent pas le test. Elle propose donc d'ajouter quelques critères pour le durcir, en ajoutant par exemple un temps de conversation minimum.

Ce faisant, elle passe à côté du fait que le test devait être extrêmement simple pour prouver l'absurdité de notre société prétendument "patriarcale" aux yeux des féministes.

Mais elle arrive à la limite du test : le test d'origine ne vérifiait pas la contrepartie masculine était vraie, c'est à dire que des hommes parlent ensemble d'autre chose que des femmes. Un film qui met en scène qu'un homme et une femme, ratera forcément le test dans les deux sens. Alien réussit tout juste le test, mais il s'agit de personnages qui sont quasiment tout le temps en groupe. Que dire, des conversations à trois, deux femmes et un homme ? En ajoutant un critère de durée, il faut alors passer au test toutes les conversations, et calculer toutes leurs durées. Et en ne tenant compte que des conversations entre femmes, ne tombe-t-on pas dans le travers inverse, qui consiste à tout vouloir centrer sur les femmes ? Pourquoi exclure les conversations entre plusieurs femmes et au moins un homme ?

Le nombre de critères peut exploser : le Test de Bechdel est amusant mais a clairement trop de limites, quelque soit le nombre de critères qu'on rajoute.

Top des 5 chansons les plus hérissantes de Noël

Dans cette vidéo, Anita nous propose les cinq chansons les plus bizarres de Noël. Comme à son accoutumé elle vise des chansons parce qu'elles sont très populaires, et inventent ses raisons d'être outragée. La mauvaise interprétation des paroles est systématique.

Elle lance les hostilités avec la chanson de Mariah Carey, All I want for Christmas is You (Tout ce que je veux pour Noël, c'est toi). Combien même le "toi" n'a pas de sexe, Anita en déduit que la chanteuse, et par extension toutes les femmes, veulent se donner aux hommes comme cadeau de Noël. Sauf que les paroles de la chanson qu'Anita rapporte, Mariah Carey dit "I just want you for my very own" (littéralement "Je te veux mon très mien" ce qu'on traduirait plutôt par "Je te veux rien que pour moi"). La notion de possession est clairement inversée : c'est Mariah qui veut posséder le "toi".

I saw mommy kissing Santa Claus, underneath the mistletoe last night ("J'ai vu maman embrasser le père Noël, sous le gui hier soir") : selon Anita, maman trompe papa avec le père Noël. Elle finit par éventuellement supposé que c'est le papa déguisé, mais du point de vue de l'enfant ce n'est pas évident. Quoiqu'il en soit, il n'y a pas de rapport avec le féminisme.

It’s Beginning to Look a Lot Like Christmas (Ça commence à ressembler beaucoup à Noël) : Anita reproche la liste de jouets stéréotypés pour les filles et les garçons. Des bottes de cowboy et des faux pistolets pour les garçons, et des poupées qui parlent et qu'on promène pour les filles. (Les poupées parlent de façon imaginaire car je doute qu'en 1951 les poupées parlaient de manière électronique). L'auteur doit-il s'excuser d'offrir des jouets qui plaisent aux filles et aux garçons ? Le débat de l'inné et l'acquis et la base des théories d'un certain féminisme et de la théorie du genre. Le sujet est trop vaste pour en parler ici.

Santa Baby (qu'on peut traduire "mon Papa Noël chéri"), est en fait l'une des rares chansons de Noël écrite par une femme. Dans cette chanson, la chanteuse tente de séduire le père Noël pour avoir une fourrure, un yacht, une voiture décapotable, un duplex et une bague. Selon Anita, cette chanson renforce le stéréotype selon lequel les femmes sont des croqueuses de diamant. Encore, une fois, Anita considère que stéréotyper un type de femme, c'est appliqué ce stéréotype à toutes les femmes, et donc attaquer toutes les femmes.

Baby It’s Cold Outside (Bébé, il fait froid dehors), qui est un duo où un homme (à l'origine prétendument un loup) incite une femme (à l'origine prétendument une souris) à rester avec lui, à boire un verre qui se révèle être de l'alcool, qui dit "non" explicitement car elle ne veut pas rester, mais à force d'insistance, elle accepte de rester. Il s'agit de la plus vieille chanson de ce classement, 1936, mais dont le premier enregistrement date de 1949. Bien entendu, le parallèle avec le "prédateur" sexuel que sont les hommes, selon les féministes et selon Anita. Elle affirme que cette chanson favorise et banalise la culture du viol. Je dois avouer qu'effectivement l'insistance de l'homme est au delà du convenable. Mais tout est une question de contexte et de la façon de le dire, et du fait que les deux personnes se connaissent avant la chanson.


Lady Gaga & Joseph Gordon-Levit Baby, It's Cold Outside où les rôles sont inversés

Fait amusant : trois des chansons ont été chantée par Glee, série très à la mode et destinée aux femmes : All I want for Christmas is You, Santa Bee, Baby It’s Cold Outside. J'ai une petite idée d'où vient l'inspiration d'Anita.

En conclusion, Anita propose d'utiliser ses chansons pour amener des discussions sur le sexisme pendant Noël avec ses amis et sa famille. Sans rire ! Rien de tel pour pourrir les fêtes de fin d'année que de lancer des sujets politiques. Merci Anita pour toutes ces engueulades en famille ! (Anita, les bons tuyaux. J'en ris encore.)

Le hameçonnage commercial du Huffington Post

Dans cette vidéo, Anita critique le hameçonnage commercial du Huffington Post. Elle propose ensuite sa définition de la réification : utiliser le corps d'une femme pour vendre quelque chose, en l'occurrence des liens et des articles pour rester sur le Huffington Post. Cette définition est bien entendu totalement fausse (voir le lien sur réification).

Je ne peux pas juger de la réalité du hameçonnage car le Huffington Post je ne le constate pas. Ils ont certainement corrigé la présentation. Par contre elle estime que le féminisme est "progressiste", ce qui est faux pour sa forme moderne et radicale qu'elle défend. Constatant que 23% des articles du site sont écrits par les femmes, elle estime que le Huffington Post cherche à exclure les femmes. C'est le problème des quotas et de la sous représentation des femmes : ce n'est pas la faute des journalistes et des recruteurs de ceci, si leur nombre est aussi mal équilibré. Les recruteurs embauchent les gens dans les proportions qui s'offrent à eux, la plupart du temps.

Cette théorie de la conspiration du club pour homme qui cherche à exclure les femmes m'atterre à chaque fois. Et présenter des images de femmes dénudées ne signifie pas que quelqu'un cherche à exclure les femmes (comme dans le cas des sites de torrents).

Conclusion

Merci de m'avoir suivi dans le monde étrange des féministes radiales modernes où tout est de la faute de patriarcat, tout n'est que conspiration envers les femmes et où l'homme doit être détesté pour le simple fait d'être un homme mais à part ça, ce féminisme n'est pas de la misandrie.

jeudi 28 novembre 2013

Esprits criminels (Criminal Minds) : une série oubliable

Esprits Criminels est une série télévisée des USA, qui raconte l'histoire des membres d'une unité spéciale du FBI : des profileurs de tueurs en séries.

Le profiling : cette pseudoscience

Commençons par l'essentiel de peur de passer à côté : le "profiling" ne marche pas ! Cela n'a pas plus de valeur que l'horoscope de votre magazine télé.

Malgré l'absence totale de preuve de son efficacité, le "Behavioral Analysis Unit" ou "Unité d'Analyse Comportementale" présentée dans cette série existe bel et bien. Dans la pratique, un ou deux agents sont détachés sur plusieurs enquêtes au lieu de toute une équipe sur une unique enquête. Les enquêtes peuvent s’étendre sur plusieurs mois ou années, et la qualité de l'aide de ces "profileurs" est en fait très controversée.

Dans un test, il a été présenté des cas réels d'enquête à différents groupes de personnes : policiers, profileurs, étudiant en chimie et biologie. Il a été demandé d'essayer de donner un profil du criminel à partir de la présentation des victimes et de leurs agressions. Aucun résultat de ces tests n'a montré que les profileurs était plus efficaces que les autres groupes. Parfois même, les étudiants en biologie et chimie ont été meilleurs que les profileurs.

D'ailleurs avant cette série, l'Unité d'Analyse Comportementale et ses profileurs étaient souvent exhibés dans les films et séries pour montrer leur incompétence. C'est le Silence des Agneaux qui a popularisé le concept.

Ceci dit, j'apprécie toujours la science-fiction. Je critique donc cette série en tant que série de science-fiction et non en tant qu'une représentation de la réalité.

Les profileurs sont des super-héros

Les profileurs de cette série sont de véritables super-héros : au moindre crime, ils prennent leur jet privé pour voler au secours de la veuve et de l'orphelin partout dans le pays. Certains épisodes se déroulent sur moins de 24 heures. Après une brève réunion au QG, ils volent là où est le tueur, ils résolvent l'affaire juste à temps pour sauver la dernière victime, et repartent aussitôt au QG.

Le jet privé est toujours prêts à décoller. Vu le prix de ce genre d'engin et des services attenants (place dans le hangar, pilote, entretien, etc), c'est très irréaliste. Un policier même fédéral voyage plutôt en seconde classe sur des lignes régulières.

Mais ils ont aussi des pouvoirs illimités en matière d'informatique grâce à Penelope Garcia. C'est tout simplement impressionnant de pouvoir disposer en un clin d'oeil, d'autant d'informations en si peu de temps. Impressionnant et inquiétant : imaginez les dérives si un homme politique savait tout sur son opposant. Tiens, une dépense en bijou et une consultation d'avocat pour divorce : il trompe sa femme, et en plus je vois des dépenses régulières dans un motel, je vais pouvoir faire des photos pour les journaux à scandale !

Bien souvent, les enquêtes se résolvent quand nos super-héros avec leurs super-pouvoirs établissent un portrait psychologique du suspect. "Le suspect est blanc, mâle" : hein ?! Pourquoi ? Comment ? Ce point je ne le comprends jamais ! Il a tel niveau d'étude, il habite près de l'eau, son père le battait, etc, etc. En temps réel, Penelope rendre toutes ses données dans l'ordinateur, qui, ô magie, ne sort que quelques personnes. Quand les scénaristes veulent faire cours, il n'y en a qu'un. S'il y en a plusieurs, ils lisent certains détails, qui leur permettent de dire lequel colle le mieux. Malgré l'approximation, ils trouvent sans erreur le véritable coupable. Ils sont très forts !

Non contents d'être de super-psychologues, de véritables cerveaux, quand le coupable est identifié, ils se transforment en super-flics de terrain. Quand une porte est défoncé, ils sont dans les premiers à entrer pour sauver la victime. Bien entendu, ils arrivent in extremis, pile-poil au moment ou le tueur allait passer à l'acte. La prise d'otage est quasiment systématique.

Ils deviennent alors de super-négociateurs. "Je te jure : tu auras une cellule avec des barreaux et des WC en or. Et on mettra de la fourrure sur ta chaise électrique." Souvent, le coupable pris en flagrant délit, est tué. Sans remords ni support psychologique, et le sens du devoir accompli, nos super-héros peuvent retourner dans leur jet pour sauver d'autres veuves et orphelins.

Parmi les scènes totalement inutile, il y a systématiquement la présentation du profil à une troupe de policier. Très sérieusement, ils présentent chacun leur tour leurs déductions horoscopiques sur la psychologie du tueur. "- Il est blancs, mâle, la quarantaine, marié, trois enfants, un lapin. Il est psychopathe. - Euh ! Excusez-moi, comment on reconnaît un psychopathe dans la rue ? - Ben, c'est simple. Il agit comme un psychopathe - Ah oui ! Question idiote. Pardon. Je suis tout confusionné..."

Violence et peur

Les scènes de torture et de meurtre sont toujours très violentes. Cette une sur-enchère est souvent inutile pour l'histoire elle-même. A croire que le réalisateur prende son public pour d'infâmes voyeurs. Même TF1 s'est senti obligé de censurer certaines scènes.

L'horreur repose souvent sur la banalité des situations dans lesquels les victimes sont tuées ou enlevées. Souvent les scénaristes utilisent un faux danger. Ils font monter la pression, on croit que c'est telle personne qui va tuer la victime, et... non. La pression se relâche, et là le vrai meurtrier tue ou enlève sa victime. Ah non, cette fois c'était la découverte du cadavre. On sait qu'il va se passer quelque chose, mais on ne sait pas quoi.

Le mythe de l'assassin est asocial et psychopathe !

Souvent l'assassin est décrit comme psychopathe ou sociopathe. Sinon c'est une personne en marge de la société. C'est un véritable lynchage du marginal.

Un sociopathe est quelqu'un qui ne ressent aucune émotion : ça peut faire peur, mais si une telle personne ne ressent aucune compassion envers son prochain, il ne ressent aucune haine non plus ! Il n'a aucune attente ni exigence. Les défenseurs de cette théorie s'arrêtent à la moitié du concept : un sociopathe est quelqu'un qui n'a aucune émotion positive envers les autres... sauf qu'il n'a aucune raison d'avoir des émotions négatives !

Les statistiques contredisent ce genre de théorie : les assassins sont plus souvent des proches de la victime.

La fausse idée que les proches ne se tuent pas entre eux, et clairement affirmer par l'un des profileurs : "il a commencé par enlever des inconnus, il ne peut pas commencer à enlever des personnes qu'il connaît". Pourtant, c'est contredit par les épisodes autour, où des ersatz de Bonnie et Clyde commence par tuer de parfaits inconnus avant d'aller tuer ceux qu'ils jugent responsables de leurs malheurs ; leurs pères respectifs. Ou l'épisode du "Silencieux" qui avait commencé par tuer une parfaite inconnue avant de tuer sa mère, puis de nouveau de parfaits inconnus.

Penelope me fait plus peur que les meurtriers de la série

Penelope est l'informaticienne de génie. Par contre elle est hyper-émotive et s'occupe sans cesse de ces chers collègue ; collègues dont elle connait tout d'ailleurs ! Elle appelle tous les hommes de l'équipe "mon petit chéri".

Peut-être est-ce en contraste par rapport aux assassins ou pour nous faire oublier que dans la logique des scénaristes, les assassins sont quasiment tous des asociaux, et que les informaticiens sont en général des asociaux.

Penelope est tellement attentionnée qu'elle en devient flippante. Souvent une personne qui vous porte de l'attention, attend autant d'attention de votre part. Ou alors c'est qu'elle vous admire tellement, qu'elle porte ses exigences envers vous à un très haut niveau. C'est par exemple le ressort d'un film tel que le Fan.

C'est pour cela que Penelope me fait flipper : elle n'a aucun contrôle et se laisse submerger par son émotivité. Le jour où elle a des émotions négatives ça risque d'être hyper-violent.

"Ce n'est pas logique !"

Ça doit être la phrase la plus prononcée par Spencer Reid. Quand il la sort, je me dis, qu'ils sont en train de faire le profil d'un fou meurtrier. Pourquoi auraient-ils besoin que telle ou telle chose soit logique ? Parfois, il y a des événements qui arrivent par hasard.

Cette phrase est utilisée pour rejeter une théorie d'un des autres héros, sans vraiment aller plus loin dans le raisonnement. Pourquoi n'est-ce pas logique ? Parce qu'il le dit. Pourquoi un tueur en série devrait avoir une logique ? Bien entendu, ce côté logique n'est là que pour rassurer le spectateur : oui la police peut arrêter les criminels car ils ont toujours une logique qu'il suffit de découvrir pour les arrêter. Le pire serait sans doute qu'un tueur en série reste indétectable parce que les meurtres n'auraient aucun lien entre eux !

Le mythe du tueur en série

La figure du tueur en série est rassurante en elle-même, car par la récurrence de ses actes et du rituel, il se rend vulnérable. Sauf que peu de tueurs en série ainsi nommés aux USA, ont réellement un rituel. Ce concept de tueur en série est le plus usé au cinéma et à la télé. Pourtant il s'agit d'un cas de figure extrêmement rare. Le sensationnalisme des média américains ont poussé à appeler de plus en plus de cas "tueur en série". Il suffit de tuer trois personnes de manière similaire pour que les media d'information parlent de tueur en série. Un homme tue sa femme et ses deux enfants : c'est un tueur en série !

C'en est tellement devenu absurde, que la télévision a inventé Dexter, le tueur en série de tueurs en série ! Ainsi il y aurait suffisamment de tueurs en série dans une seule ville pour que Dexter puisse en tuer 96 (8 saisons de 12 épisodes !) En 1970, le FBI estimait à entre 10 et 50 le nombre de tueurs en série. Aujourd'hui ils l'estiment à 500. Gageons que cette inflation est surtout dûe à l'élargissement de la définition du terme.

Vision manichéenne

Les super-héros sont les gentils, les tueurs en série les méchants. Dans cette vision binaire du monde, les méchants ont toujours été méchants, et les gentils restent toujours des gentils.

Un tueur en série a forcément une histoire tumultueuse. C'est bien entendu rassurant pour le spectateur de savoir qu'on peut repérer les fous tueurs. Mais c'est aussi le postulat de départ du principe du profiling.

Les gentils ont le droit de tout faire. Nous avons ici le problème du super-héros : ils sont forts, ils sont beaucoup trop fort. Les comics ont parfois plus de recul sur leur propre genre, en essayant d'adresser ce problème. Dans l'univers de Superman, il y a un univers parallèle, où Lex Luthor est élu président des USA. Superman débarque à la maison blanche, le tue et prend les pleins pouvoirs. Il en résulte un pays dictatorial où la moindre petite faute est sévèrement puni.

Juge Dredd est une caricature de société où la justice serait expéditive : une récidive se traduit par une condamnation à mort. Les juges y sont à la fois policier, juge, jury, procureur et bourreau. La justice est rendue en 30 secondes chrono.

Nos super-héros d'esprits criminels n'échappent pas à ces travers. Penelope accède en quelques millisecondes aux comptes bancaires, à la liste des appels, à la géolocalisation, le casier judiciaire de n'importe qui. Grâce à des croisements de toutes ces données, elle est capable de trouver une personne à partir de descriptions extrêmement vagues. De tels pouvoirs s'ils sont détournés, peuvent permettre de faire chanter à peu près n'importe qui. Mais c'est justifié, parce que ce sont les gentils. Sauf que le monde n'est jamais blanc ou noir, à un moment donné, chacun peut être tenté de faire passer ses intérêts personnels devant l'intérêt public. Nos hommes politiques en sont la preuve vivante.

Les super-héros profileurs sur le terrain ont eux aussi ce problème. A un moment il arrive devant l'assassin, qui prend en otage une victime. Il peut alors prendre des initiatives à la limite de la loi, comme par exemple quand il y a plusieurs assassins, révéler des faits à l'un d'eux à propos de l'autre qui va amener les assassins à se tuer entre eux. Le super-héros n'a alors aucun état d'âme : j'ai manipulé des personnes pour qu'elles se tuent entre elles. Quand c'est un tueur en série qui le fait, c'est mal. Si c'est un gentil, c'est bien, car la fin justifie les moyens.

Cette philosophie manichéenne serait sans conséquence dans une fiction, si elle ne servait pas à justifier des faits intolérables dans la réalité. Le fait est qu'au camp de Guantánamo, des hommes sont emprisonnés sans procès et torturés. Si c'était une dictature ça serait intolérable, mais comme c'est les USA et que ce sont des gentils, tout est permis pour avoir les renseignements voulus.

Et le lobby des armes dans tout ça ?

Comme l'a bien pointé du doigt Michael Moore dans Bowling for Columbine, le sentiment d'insécurité aux USA incitent les américains à s'armer (et se surarmer). En présentant des situations de la vie quotidienne où des personnes se font enlever, torturer, et tuer, cette série peut rendre paranoïaque, ou tout du moins de douter dans certaines situations banales.

Le fait est que la série policière est un genre sur-représenté dans les média américains. Ce n'est bien entendu que le reflet de la course au sensationnalisme dans les média d'information aux USA. D'ailleurs, l'ouverture des données relatives aux agressions, a montré que bien que les média parlent essentiellement des agressions envers des femmes blanches, ce sont les noirs, et en particuliers les hommes qui sont le plus souvent agressés ou tués.

Conclusion

Je ne sais pas trop ce qui rattrape cette série. Rien n'est inspiré de faits réels. Le mythe du tueur en série est surexploité jusqu'à l'absurde, au point de chercher une logique dans les actes de personnes démentes. La société de l'information et du recoupement instantané de toutes les bases de données existantes est super-flippante. Les policiers censés nous protéger, savent tout, voient tout. Cette police nous protège, mais qui nous protège de cette police ? Cette série est ultra-violente, ultra-manichéenne.

En fait je ne regarde cette série que pour repérer les défauts de raisonnements ("mais pourquoi ils en déduisent que l'assassin est un blanc mâle !?!") et être halluciné par l'absence de rapport entre la citation au début ou à la fin de l'épisode et l'histoire de l'épisode... Que viennent faire là ces citations ?

C'est une série à gros budget mais sans intérêt.

mardi 26 novembre 2013

Anita Sarkeesian : contre-analyses sur les jeux-vidéo

Voici que le quatrième épisode d'Anita Sarkeesian sur les jeux-vidéo vient de sortir.

Une bonne occasion de revenir sur de très bons articles qui remettent en perspective la vision biaisée d'Anita Sarkeesian.

Le choc des cultures

Voici en lien un article qui analyse le choc des cultures entre le Japon et les USA. En particulier il analyse le mode de vie et le vision de la femme qui en découle.

Au Japon, en 2008, les femmes sont surtout vue comme des maîtresses de maison. Elles s'occupent du ménage, de la cuisine et des enfants. Avant d'être mariée, elles sont bien obligées de travailler, mais le but d'une japonaise est de trouver un mari et d'arrêter de travailler.

Cette différence culturelle est totalement absente dans les vidéos d'Anita Sarkeesian. La plupart des jeux cités dans sa vidéo viennent du Japon, et en particulier les jeux des années 80-90 avaient comme première cible, le Japon. Ils sont avant tout rentabilisés sur le sol nippon ; les exportations sont un bonus. Donc ne pas parler de la place de la femme au Japon est une grave erreur quand il s'agit de parler de ces jeux-vidéo.

Le Japon est très mal placé dans les classement internationnaux en ce qui concerne la participation des femmes au travail, à la politique, au conseil d'administration des entreprises, aux études universitaires, et de l'équilibre des salaires. L'absence de structure s'occupant des enfants en bas ages garantie qu'il est quasiment impossible d'être mère et célibataire avec un seul enfant.

Autant dire que l'image de la femme fragile, pleurnichante, dépendante de l'homme, ignorante, est fortement ancrée dans la culture japonaise.

Mais avec tout son ethnocentrisme, Anita Sarkeesian ignore totalement ce choc des cultures et en particulier les efforts des importateurs américains pour essayer de le gommer ces biais dans les jeux-vidéos de l'époque.

Concrétement, Anita Sarkeesian met en avant qu'un certain nombre de versions de Double Dragon montrent la culotte de la fille qui se fait enlever dans la scène d'introduction. Elle oublie que ces fameuses versions sont toutes des versions japonaises que les américains n'ont pas vues à l'époque. Dans les années 90, Nintendo USA interdisait toute image dégradante pour les deux sexes. (le rhabillage des êtres magiques dans Final Fantasy VI, des statues dans Super Castlevania IV)

Quand Anita Sarkeesian parle du fait que Peach est un personnage jouable de Super Mario Bros 2 (version US) elle parle d'accident, car il s'agit d'un autre jeu qui a été rhabillé en SMB2. La version japonaise de SMB2 étaient bien trop difficile pour un public américain (à cause de différences culturelles vis-à-vis de l'implication des joueurs). En fait Peach était le personnage qui rendait le jeu le plus facile. Au lieu de parler de cet effet positif, Anita Sarkeesian préfère dire que ce jeu ne compte pas ! Pourtant il ne s'agit pas de parler de Nintendo au Japon (sinon elle aurait parlé des femmes au Japon), mais aux USA. Or c'est à cette version positive que les américains ont été exposés !

Soit elle parle entièrement de la culture japonaise, soit elle parle de la culture américaine. Elle préfère prendre un morceau de chaque côté quand ça l'arrange !

N'oublions pas que les USA ont aussi inventé Ms Pac-Man. Mais aussi Peach a une image totalement différente aux USA grâce à tous les produits dérivés : Peach est le stéréotype pro-féministe de la femme sage au milieu d'un peuple d'homme-champignons qui sont des mâles infantiles. Le comics et le cartoon ont fortement influencé l'image de la princesse.

Autant dire que l'image américaine de Peach a fortement influencé l'image de Peach au Japon par nécessité de coller à la vision américaine du personnage lors des nouveaux jeux des années 2000. Affirmer que ça n'a aucune importance est totalement injustifié.

Il s'est passé exactement la même chose avec la princesse Zelda. Au départ, il s'agit d'une princesse qui pleurniche dans sa prison. Les américains en ont fait une princesse-guerrière en pantalon qui tire à l'arc et qui a du répondant, tandis que le "héros", Link, était la caricature de l'incompétence et du machisme dans le dessin-animé.

De même Sonic a subi le même folklore local à propos de Sonic, avec un personnage féminin. Anita se concentre sur le premier jeu qui dans sa version américaine a affublé un personnage mâle (le double en rouge de Sonic) d'un nom féminin, parce qu'à l'écran, on ne voyait pas la différence. Certains éléments japonais ne sont arrivés aux USA plus tard. En fait la "fiancée" de Sonic était un écureuil. Pourtant dans le comics US, cette écureuil, Sally Acorn a embrassé plusieurs protagonistes, ce qui en fait une "fiancée" plutôt libérée, très moderne et très pro-féministe. Anita Sarkeesian préfère ignorer ça.

Le problème est qu'Anita Sarkeesian pompe ces exemples dans la culture japonaise, directement à la source pour se poser des questions sur le féminisme aux USA : c'est absurde à tous les niveaux !

Comment se planter totalement quand on ne lit pas le scénario d'un jeu

Voici un second article qui étudie comment Anita Sarkeesian passe totalement à côté de la trame des scénarios pour qualifier de sexistes des jeux qui n'en sont pas. L'auteur de l'article se réfère à une interview sur un autre site.

Pour Rayman : Origins, Anita Sarkeesian se plaint que les nymphes (ou fées) de la forêts sont au service de Rayman et le recharge en énergie. En réalité, Rayman a été créé par les nymphes de la forêt et il sert à les protéger. En particulier, à chaque fois que Rayman meurt, un nouveau Rayman est recréé par les nymphes. C'est un renversement de la Genèse dans la Bible, que les féministes dénoncent par ailleurs, mais surtout Rayman est au service des nymphes et non l'inverse !

Pour Bastion, Anita Sarkeesian se plaint que l'héroïne est la femelle de service et la demoiselle en détresse du jeu et est donc un personnage sans profondeur. En réalité, cette "femelle de service" a un nom, Zia contrairement au héros du jeu qui est simplement nommé "gamin" (the Kid). Quand le gamin arrive au village où elle est sensée être prisonnière, le héros découvre qu'elle s'est enfuie pour découvrir le sens caché de l'univers qui les entoure. Elle a exactement fait ce que fait le protagoniste du jeu idéal selon Anita elle-même ! Mais le personnage a bien d'autres but que de devenir la femme du héros ; ce qui en fait un personnage pro-féministe et bien plus développé que le "mâle de service" du jeu.

Pour Gravity Rush, Anita Sarkeesian se plaint que l'héroïne est les jambes à l'air. En réalité l'héroïne dispose d'un champs de force et de pouvoirs spéciaux, qui rendent inutiles toute protection. Elle choisit donc des vêtements qui lui plaise. Malgré ça, l'héroïne sauve un pilote contre l'avis de ses supérieurs, et finit par sauver toute une ville, alors qu'elle perd ses pouvoirs à un moment donné. L'image même de la figure féministe, s'il en est, indépendante et forte.

Enfin Anita Sarkeesian critique Assassin's Creed qui n'aurait pas assez de personnages féminins. C'est ridicule d'une part parce que ce jeu s'inspire de personnages historiques ayant réellement existé. Peut-on se permettre d'agrandir le rôle des femmes aux différentes époques quand on veut rendre crédible son histoire ? Mais aussi, les femmes sont bel et bien présentes dans les trois volets de Assassin's Creed II, ayant des rôles majeurs dans les intrigues politiques. D'ailleurs, quand des assassins sont recrutés, il y a autant d'hommes que de femmes (ce qui est quelque peu surréaliste, soit dit en passant). Enfin il y a Lucy Stillman et Rebecca Crane. Dans le monde "réel" du jeu, il y a autant d'hommes que de femmes. On aurait pu s'attendre à ce que le héros couche avec Lucy, ou qu'il y ait un début d'histoire d'amour quelque part. En fait pas du tout ! Lucy apparaît comme le personnage le plus complexe du jeu (du côté "monde réel").

Mais Anita Sarkeesian a avoué ne pas joué aux jeux-vidéo. La plupart de ces reproches sont probablement dûs au fait qu'elle n'est pas allée voir au delà de la bande annonce des jeux sur Internet.

Le concept de réification mal compris

Dans ses vidéos, Anita Sarkeesian présente clairement "l'objectification des femmes" comme le fait d'avoir pour objectif ou but une femme ! "objectification" est la traduction en anglais de "chosification" ou "réification". Comme je l'ai déjà expliqué, la définition qu'elle donne est une mauvaise interprétation du concept de chosification.

Selon elle, le contraire de "objectiver" est "subjectiver". Ce qui est vrai en français dans les sens "rendre objectif" et "rendre subjectif". Mais elle utilise la définition inventée "rendre le sujet de l'action" : cette définition est absurde dans son sens, mais aussi appliquer au féminisme, car cela revient à dire que c'est un homme qui doit rendre la femme, le sujet de l'action. Dans ce cas-là, la femme reste dépendante du bon vouloir de l'homme pour devenir le sujet de sa propre vie ; ce qui va à l'encontre même du sujet et de l'objectif du féminisme.

Anita Sarkeesian nage donc en plein contre-sens.

Conclusion

Le choc de l'inculture fait mal. Les jeux-vidéo, c'est ceux qui en font le moins qui en parle le plus. Et pour le féminisme, c'est pareil !

mardi 19 novembre 2013

Chosification et féminisme

La chosification est une notion importante du féminisme, qui a été formalisée par Simone de Beauvoir.

Définition

Si vous voulez être pédant, dites "réification".

La chosification est le fait d'attribuer des propriétés d'un objet à un être vivant ou à un concept abstrait.

Dans le cas du féminisme, il s'agit de retirer des propriétés d'un être humain à une femme, comme par exemple la capacité de :

  • penser
  • ressentir des émotions
  • être libre (par le passé, une femme appartenait à son mari, sinon à son père avant le mariage. Si le père était mort, à ses frères)

Comme une femme n'est pas un objet, elle a le droit d'avoir un avis politique différent de celui de son mari, et donc devrait avoir le droit de voter : c'était les arguments des féministes du temps où les femmes n'avaient pas le droit de vote.

Chez Simone de Beauvoir, le concept est beaucoup plus poussé. La réification consiste à considérer le corps d'une femme comme un objet. L'homme "prend" la femme pendant le coït, mais aussi le corps de la femme est une sorte d'œuf pendant la grossesse ; son corps ne lui appartient plus car il sert de couveuse pour les enfants de l'homme. (Quand on lit ça, on se demande qui sont les plus malades : les hommes qui pensent ça, ou les femmes qui pensent que des hommes pensent ça ?)

Nous avons aussi un problème historique dans la compréhension du concept de la chosification du corps de la femme ; il y a un siècle, certains hommes pouvaient effectivement penser ainsi. De nos jours c'est moins évident.

Extension du domaine de la lutte

La réification est donc une violence faite au femme. Cette affirmation souffre de deux biais : les réifications exposées sont-elles violentes ? Toutes les réifications sont-elles violentes ?

Le concept de réification est sans doute beaucoup plus violent que les actes décrits. Le coït et la grossesse, même si le coït peut être vu comme violent de l'extérieur, ce ne sont pas des actes réellement violent en soit. Ce n'est donc pas les actes qui sont violents mais ce que pense l'homme ou plutôt ce que la féministe se représente de ce que l'homme pense (vous me suivez toujours ?).

Même si les réifications citées sont violentes, toutes les réifications ne sont pas forcément violentes. Il s'agit là d'une généralisation hasardeuse. Dans le cas de photos d'art, la réification du corps peut être volontaire. Une photo de tatouage peut ne montrer que le tatouage. Le corps est alors réifier, car il n'est que le support du tatouage dans la photo. Ce n'est certainement pas une violence dans ce cas-ci.

Les féministes modernes ont tendance à renverser la cause et la conséquence et à généraliser à outrance. La réification violente est condamnable non pas parce que c'est une réification, mais parce qu'elle est violente ! Or toutes les réifications ne sont pas violentes.

Donc en s'attaquant à la pornographie, parce que c'est une chosification de la femme, les féministes se trompent totalement d'argumentaire. Une mise en scène violente d'une (et une seule) femme ne peut en aucun cas être une violence faite à toutes les femmes ; c'est pourtant l'interprétation des féministes modernes.

Le contresens en anglais

Le mot "chose" est traduit en anglais par "object". Ainsi, "réification" et "chosification" sont traduits par "objectification" (notez que "reification" et "thingification" existent et sont synonymes). Malheureusement, "objectif" a le même sens qu'en français. Du coup, certains anglais comprennent dans "objectify" (le verbe) et "objectification", le fait d'avoir pour but, comme trophée ce qui est en complément du mot.

L'"objectification d'une femme", est compris comme le fait d'avoir pour but une femme.

Parfois "objectification" est utilisé pour traduire en français, le mot anglais. Ce qui est amusant, c'est que le concept appliqué au féminisme a été inventé par une française, Simone de Beauvoir. Mais en plus en français "objectiver" existe et signifie "rendre objectif". Son contraire est "subjectiver" ou "rendre subjectif".

Je ne sais pas par quelle magie cetains considèrent que le contraire de "objectify" en anglais, est "subjectify" ! Sans doute est-ce un prolongement du quiproquo. Mais le plus drôle est qu'ils donnent comme signification à "A subjectifys B", "A prend comme sujet B", c'est à dire que B agit ou est à l'origine de l'action. Ce disant, c'est quelque peu contradictoire, puisque c'est A qui décide que B est au centre de l'action, ce qui prive B d'une réelle autonomie. Sauf bien-sûr dans le cas des média, où l'auteur, le photographe ou le réalisateur a une influence sur la manière de présenter les événements, et donc de rendre plus ou moins important l'initiateur des actions.

Cela explique pourquoi les féministes s'attaquent particulièrement au média : à l'origine de ces attaques, une imbrication incroyables de quiproquo et de contre-sens !

Le contraire de "chosifier" est plutôt "personnifier" ou "repersonnifier". A la limite il n'y en a pas, car cela consiste à considérer qu'un être humain est un être humain...

La damoiselle en détresse

Le ressort scénaristique de la damoiselle en détresse est souvent considéré comme une "objectification de la femme" par les (pseudo-)féministe anglophones, car l'objectif d'un combat d'hommes est une femme. Il s'agit d'un cas amusant que j'appellerai le "quiproquo en double aveugle". Le fait de dire que toute réification est mauvais, est déjà un cas de généralisation à outrance, mais en plus le concept lui-même est mal compris.

Le moyen d'y remédier est que le scénariste remette la princesse au centre de l'action ("subjectify" dans le contresens du terme).

La réification comme antagonisme de l'anthropomorphisme

J'ai trouvé un article fort intéressant qui explique quelque méthodes pour chosifier quelqu'un ou personnifier un objet (ou un animal).

En fait, il suffit de connaître les techniques d’anthropomorphisme ou de personnification pour les appliquer à l'envers.

Bien entendu, dans l'article en lien, il faut faire abstraction de toutes les idioties sur le pseudo-féminisme très engagé pour réussir à en dégager tout ce qui en fait l'intérêt.

Par exemple cette publicité Ikéa est géniale car elle joue justement sur la personnification d'une lampe pour mieux s'en moquer ensuite.

Autre exemple, la figure : une technique de personnification consiste à dessiner un visage, ou donner de expressions humaines à un animal. Une technique de chosification consiste à cacher le visage

Annexe

Voici un article intéressant sur Simone de Beauvoir.

Conclusion

Méfiez-vous de ceux qui vous parlent de "subjectiver" ou "subjectify" en anglais. "Réifier" n'a pas réellement de contraire, car cela consiste à considérer un humain, comme un... humain, ce que n'importe quel humaniste fait naturellement sans s'en rendre compte.