vendredi 9 septembre 2011

Contre le prix unique du livre

La France est vraiment un pays qui a un rapport étrange avec son industrie du divertissement.

Comme je l'ai déjà écrit, les français ont tendance à confondre culture et divertissement.

Le prix unique du livre fait partie de ces arnaques politiciennes. Qu'il est bon pour un homme politique de passer pour le défenseur du bon goût français qui illumine le Monde (NdA : c'est ironique). Notez aussi que le livre bénéficie d'une TVA réduite, alors qu'il s'agit d'un produit non essentiel.

Le principe du prix unique

Le prix unique consiste à limiter à 5% la remise possible sur le prix dit "éditeur" (celui qui est imprimé en couverture) pour un livre neuf en stock depuis moins de six mois. En contre-partie, l'éditeur s'engage à racheter les invendus.

Le prix unique du livre est une mesure censée empêcher la disparition des petits libraires. Mais aussi permettre à tous les français de payer le même prix. Dit comme ça, ça paraît beau. Mais en renversant la phrase, ça signifie que les libraires les mieux placés seront obligés de vous vendre largement plus chers que leur seuil de rentabilité.

Cette absence de concurrence est avant tout préjudiciable pour les consommateurs, qui paient de toute façon le prix fort, même pour les vieux titres, car ils ne sont jamais dans le stock du libraire, puisqu'en pratique il n'a pas besoin d'avoir de stock.

Un fonctionnement logique, voudrait que le libraire fasse gaffe au livre qu'il commande en fonction de son public, et qu'il solde les invendus. Avec le système du prix unique, le libraire n'est pas concerné par les invendus. Les éditeurs sont encouragés à passer au pilon les invendus pour préserver la valeur perçue des livres.

Le prix unique du livre, c'est du gaspillage


L'horrible exception Française

Le prix unique du livre est réellement une exception française. Aux USA, quand deux magasins proposent des prix similaires, ils sont soupçonnés d'entente illégale sur les prix. Les magasins ont donc l'obligation de ne pas avoir de prix identiques. L'Union Européenne soupçonne les éditeurs français de s'être entendu sur le prix des livres numériques. Aux USA, une enquête sur Apple a été lancé : ils sont soupçonné de trop standardiser les prix (entre abus de position dominante et entente sur les prix).

Ce qui est imposer par l'état d'un côté, est strictement interdit de l'autre. Le prix unique (surnommé "inique") du livre est vraiment une exception française.


Pourquoi devrait-on sauver les libraires ?

C'est toujours triste quand un lieu qu'on aime disparaît, mais quand un libraire disparaît, c'est bien parce que son nombre de clients baisse, parce qu'il n'est plus assez utile à la société.

Nous avons droit à des campagnes "sauvons nos libraires" (en voici un autre exemple): je suis totalement contre.

Déjà, la "crise du livre" n'est absolument pas passagère. J'ai mis des guillemets car il ne s'agit plus d'une "crise", mais bel est bien de la fin du cycle de vie du livre papier après son apogée à l'âge industriel. Il est contre-productif pour l'état de vouloir préserver des secteurs d'activité en déclin.

Bien-sûr il y aura toujours des livres papiers, tout comme on vend toujours des disques de musique en vinyles, mais ça restera marginal.

La connivence entre le monde politique et l'édition

Les hommes politiques ont toujours eu besoin d'avoir quelques appuis incontournables. Or une vieille tradition française veut qu'un homme politique à un moment ou à un autre, écrive un livre. Je me demande souvent quand ils peuvent avoir le temps d'écrire, vu qu'il n'arrive pas à faire des choses autrement plus importantes, comme assister aux séances de l'assemblée nationale. Et d'où leur vient leur talent soudain pour l'écriture ?

Ils ont donc besoin d'un nègre, que n'importe quel éditeur s'empressera de leur fournir gratuitement, contre retour d’ascenseur, le moment du vote des lois venu.

Le snobisme intellectuel a encore frappé

Bien-sûr, les libraires sont auréolés du mot culture, ce qui nous empêche de raisonner sainement. Il est totalement absurde de subventionner par l'argent de l'état des pratiques qui vont contre l'intérêt commun, et qui n'ont aucun avenir.

Pourtant c'est ce que fait l'état quand il ne taxe qu'à 5,5% les livres, quand il impose un prix unique, empêchant la concurrence de jouer son rôle, empêchant la vente en solde des livres invendus : que de gaspillage !

Sachant que les livres les plus vendus, ce sont des histoires d'amour du style collection Arlequin. Dans la pratique, nous sommes très très loin de la soit-disante culture que veut défendre le prix unique.

Nous mélangeons culture et divertissement. Le livre est avant tout un objet de divertissement. La TVA à 5,5% n'est absolument pas justifiée pour un produit de divertissement.

Si les livres ne se vendent pas assez pour faire vivre telle ou telle partie de la chaîne de production d'un livre, ce n'est pas à l'état d'intervenir pour sauver les éditeurs, les libraires ou les imprimeurs. S'ils ne font pas assez de chiffre d'affaire, c'est qu'ils ne sont pas suffisamment utiles pour la société. C'est aller contre l'intérêt commun de vouloir maintenir en vie des sociétés non rentables, et à partir du moment où ces sociétés ne rendent pas un service public essentiel et irremplaçable : dans le cas des livres, il existe maintenant des sociétés de vente par correspondance qui remplace avantageusement les libraires locaux.

Le prix unique du livre numérique

Plutôt que de pérenniser notre idiotie nationale en inventant un prix unique du livre numérique. Il aurait mieux valu libéraliser totalement le prix de tous les livres.

Un livre numérique doit voir sa valeur baisser au fur et à mesure du temps, afin de favoriser sa vente. Une sorte de vente au enchère inversée. Car sur Internet, le nombre de copie produite n'a pas de limite : c'est un marché d'abondance. Il faut donc jouer sur l'envie qu'à l'acheteur de l'acquérir le plus tôt possible, par rapport à son budget effectif. Avec le prix dégressif dans le temps, chacun pourra se l'acheter selon ses moyens, les plus snobs pouvant se vanter de l'avoir acheter avant tout le monde.

C'est d'ailleurs ce système qu'utilise Steam Powered pour les jeux vidéos, avec même des bonus ou des réductions pour ceux qui achète en pré-commande.

En passant, la loi sur le prix unique du livre numérique se heurte à une impossibilité juridique : comment imposer à un vendeur situé à l'étranger de respecter la loi française ? Des logiciels comme TOR permettent de passer commande de n'importe où. Comment appliquer une loi inapplicable ? C'est tout simplement impossible.

Conclusion

Le livre se meurt : vive le livre.

Comme pour un pansement, mieux vaut l'arracher d'un coup que tout doucement. Je préconise la TVA à 20% et la fin du prix unique. Ainsi pas d'agonie longue et douloureuse : les libraires qui n'ont pas de modèle économique viable, fermeront plus rapidement leur porte.

mercredi 7 septembre 2011

Hatsune Miku

Hatsune Miku est l'un des phénomènes en lien avec la créativité et Internet des années 2007 à aujourd'hui. Pourtant, si vous en avez entendu parler dans les média traditionnels, c'est sûrement en ces termes : "regardez, ces japonais débiles qui s'extasient devant un hologramme" : exemple par l'autoproclamée "spécialiste Pop-Culture" de Canal +. (Exemple en apparence neutre mais avec autant d'omission : France Soir).

Les mensonges des journalistes

Pour une "spécialiste pop et nouvelle tendance", la journaliste de Canal + mérite un zéro pointé.

Notons d'abord qu'il ne s'agit pas d'un hologramme, mais d'une représentation "3D" en 2D du personnage, ce qui signifie simplement que le dessin en deux dimensions respecte des règles réalistes de perspective visuelle.

Un jour, j'écrirai un article développant la fausse neutralité des média français, et comment on peut déformer la réalité par l'omission. Nous voici devant l'un des nombreux exemples.

Première omission : l'histoire du personnage, pourtant facile à trouver, grâce à Internet. Mais lire Internet, c'est sans doute pour les débiles.

Deuxième omission : le contexte du concert. Les concerts de Hatsune Miku ont eu lieu dans le cadre de festivals d'animation, assurant aux organisateurs une concentration de fans suffisant pour remplir la salle de concert. En plus, comme dans tout festival (de musique, scientifique, etc..), les organisateurs proposent des billets donnant accès à toutes les activités. Donc les personnes étant dans la salle, n'étaient pas là spécifiquement pour voir la chanteuse virtuelle, mais dans un esprit de divertissement autour de thèmes communs tout au long d'un week-end.

Troisième omission ou ignorance manifeste : les premiers à avoir inventé la vedette virtuelle, ce sont nous, les européens. Eh oui, si les japonais sont débiles, nous le sommes encore plus ! Le premier groupe virtuel, composer de chanteurs et de musiciens interchangeables (sauf la voix du chanteur principal) est Gorillaz. Et ils font des concerts virtuels.

* Vidéo du concert de Gorillaz sur Youtube (que Youtube ne veut pas qu'on incorpore dans des blogs)

* Gorillaz et Madonna :


Pour une spécialiste de la "Pop", elle ne connaît même pas ses classiques.

La naissance Hatsune Miku

Hatsume Miku est la toute première version du logiciel japonais de musique nommé vocaloid 2. Ce logiciel est commercialisé avec un dessin à la japonaise pour illustrer la boîte. Cette illustration est alors la seule existante :


Le logiciel qui est à destination des compositeurs et auteurs de paroles, a pour but de donner une voix aux compositions musicales.

Le logiciel Vocaloid 2 a été dérivé en 22 versions, apportant chacune des voix différentes (et des couvertures de pochette apportant des personnages supplémentaires), mais c'est le premier de la série (Hatsume Miku) qui restera vraiment emblématique.

Le logiciel contient toutes les syllabes japonaises (48 en tout) que l'on peut relier à un clavier de synthétiseur pour les rejouer sur la durée et la note voulues. Vous tapez vos paroles, puis vous les jouez au clavier (de type piano) : on ne peut pas faire plus simple.

Le décollage par Internet

Hatsume Miku va alors profiter d'un mème Internet qui n'a au départ rien à voir : la fille au poireau. La chanson est "Ievan Polkka" par Loituma un groupe finlandais. Le complet de la chanson utilisé est du scat, et n'a donc aucun sens. Le légume utilisé n'est pas un poireau, mais peu importe.


En passant, la chanson d'origine est très jolie, aussi bien dans sa version d'origine de Loituma que dans sa reprise par Nova Vox.

Un mème ou phénomène Internet se traduit par le fait que ce contenu est fortement partagé sans que cela vienne d'une décision centralisée (comme un directeur de programme de télé ou un rédacteur en chef).

Un mème Internet fournit ainsi un point de référence culturel commun à plein de personnes, permettant l'apparition de travaux dérivés, servant à relancer et à agrandir le mème d'origine. (exemple pour Loituma Girl)

L'un de des travaux dérivés de la fille au poireau est la reprise de la chanson par Hatsume Miku, avec une animation de trois images ou elle tient un poireau :


Ainsi, le poireau devient le "sceptre" officiel de Hatsume Miku, qui réapparaîtra régulièrement, bien qu'il ne fasse pas parti de son concept original.

En passant : oui, ce mème a aussi été repris par une société de sonnerie de téléphone, qui lança la chanson Dolly Song avec Holly Dolly (qui n'échappa pas à la critique de la récup).

Ce qui était à la base une simple blague par dessus une blague devient le décollage du concept : Hatsume Miku se retrouve avec des milliers d'auteurs-compositeurs amateurs. Dans le lot, il y a forcement de très très bons morceaux qui émergent. Même si le style "Pop japonaise" est le plus apprécié au Japon, le logiciel offre une utilisation sans limite dans tous les styles de musique existant.

L'extrait utilisé dans le grand journal de Canal +, était un morceau de techno très simple. Cette musique n'a pas été choisie par hasard : c'était la moquerie de ce qui n'était pas de l'élitisme français (voir parisien intra periphero) qui a été mis en avant.

En lien, voici une liste non exhaustive des chansons originales et des reprises de Hatsume Miku.

Ainsi la vedette devient réellement un phénomène de création participative, ou un compositeur peut demander de l'aide pour les paroles ou la réalisation d'un clip vidéo. Elle sera même utilisé dans des chansons d'album d'artistes des majors du disque.

Voici une reprise magnifique "a capela" (si l'on peut dire), de la chanson du générique de fin de Laputa :


La voix de Hatsume Miku sera de nouveau utilisé dans un autre mème encore plus célèbre : Nyan Cat


Le logiciel de danse

En plein boum de la vidéo par Internet, il ne manque plus qu'à donner un peu de visuel aux morceaux de musiques qui fleurissent.

Un logiciel gratuit créé par un fan apparaît : "Vocaloid Promotion Video Project" aussi nommé "Miku Miku Dance". Il devient le plus utilisé et des concours sont organisé autour de ce logiciel.

Le remake de "Virtual Insanity" :


La comparaison avec l'origianle de Jamirocaï :


Le remake de la vidéo d'introduction du festival Daicon IV (1983) avec la chanson "Twilight" de Eletric Light Orchestra :


Le remake de "Smooth Criminal" de Micheal Jackson version concert avec d'autres personnages que Miku :


Je vous invite à rechercher "MikuMikuDance cup" sur Youtube.

Les japonais : champions du marketing

Plusieurs jeux vidéo ont vu le jour sur PSP et PS3. Nintendo a annoncé un jeu sur 3DS.

Sony Music a signé avec certains des auteurs et des compositeurs amateurs pour sortir des albums "officiels" de Miku.

La récupération pour les concerts "virtuels" n'est qu'une suite logique du phénomène.

L'avantage du personnage est qu'il aura toujours 16 ans (l'âge idéal des chanteuses "idoles" japonaises, mais aussi l'âge du public réellement visé par le marketing musical au Japon, bande de pervers !)

Et le logiciel Vocaloid 3 est sur les rails : encore plus réaliste.

Ceci n'est pas la fin !

Liens
* Hatsune Miku sur Wikipedia
* Hatsune Miku sur Rue89
* Hatsune Miku par Ermite Moderne partie 1 et partie 2

Parmi les vidéos les plus vues :


jeudi 25 août 2011

Le manuscrit de Voynich

Le manuscrit de Voynich est un livre écrit à la main qui a été acheté en 1911 par Wilfrid Michael Voynich. Le parchemin du manuscrit a été daté au carbone 14 entre 1404 et 1438 ; ce qui signifie qu'il n'a pu être écrit avant, mais il a bien pu être écrit largement après.

Une lettre de 1666 affirme que le livre aurait été acheté par l'empereur Rodolphe II (1552-1612). Le livre a donc été écrit entre ces deux dates. La lettre en question affirme que le livre aurait été écrit par Roger Bacon (1214-1294), ce qui est contredit par la datation au carbone 14. La date d'achat supposée serait 1580.

La particularité de ce livre, est qu'il utilise un alphabet inconnu. Même si le livre est couvert d'illustrations et que le livre ait beaucoup de pages (240 pages plus 32 manquantes), le sens du texte demeure un mystère.

Pendant la première et la seconde guerre mondiale, ont été inventés de nouvelles méthodes de chiffrement, et bien entendu, dans chaque camp, des experts en cassage de code chiffrés ont aussi été réuni.

William Frederick Friedman, rien de moins que le chef du département de cryptographie de la NSA, s'attaqua avec les meilleurs spécialistes à ce texte.

Bien d'autres personnes se sont attaqués au texte. Si ce texte avait été une suite aléatoire de lettres, il aurait été laissé à l'abandon depuis longtemps. Sauf que l'étude statistique des lettres ressemble clairement à une langue humaine naturelle. Le texte vérifie la loi de Zipf. Mais d'autres indices montre que le texte est bizarre : des répétitions en triple de lettre, de groupe de lettres, et même de mots le rende suspect. Enfin, l'étude de l'entropie du texte (théorie de l'entropie de l'information inventée par Shanon) indique que le texte ressemble à une langue artificielle, celle de George Dalmago (1626-1687). Mais Dalmago aurait publié ses travaux sur cette langue en 1661.

Nous avons donc deux hypothèses sur ce texte :
- ce texte est une supercherie
- ce texte contient de l'information

Edward Kelley : un bon candidat pour l'arnaque

Si le texte est une supercherie, la motivation est toute trouvée, car le manuscrit a été acheté 600 ducats (pièces d'or) par Rodolphe II soit l'équivalent de 50 000€ actuels.

Nous avons un candidat crédible à l'arnaque : Edward Kelley. En effet ce "médium" prétendait pouvoir parler aux anges. Il vivait aux crochets de John Dee, qu'il arnaquait. Ensemble ils avaient inventé un alphabet et une langue, dit l'énochéen. (En passant, l'énochéen est encore utilisé par les arnaqueurs médiums modernes dans les séances de spiritisme, et a été repris dans un épisode de Supernatural, ce qui risque de le remettre au goût du jour).

Mais comment l'auteur a-t-il pu générer un texte avec de tels propriétés statistiques, avec les moyens de mathématiques rudimentaires de l'époque.

Le mathématicien Gordon Rugg a réussi à produire du texte ayant certaines des propriétés statistiques du manuscrit. En utilisant une méthode systématique le livre aurait pu être produit en moins de quatre mois. Gordon Rugg a utilisé un cache troué, qu'il déplace sur une grille de texte. L'idée lui vient d'une méthode de chiffrement de l'époque, mais aussi du fait que John Dee et Edward Kelley jouait beaucoup avec des grilles de lettres énochéennes, pour former les noms des anges. Si vous voulez voir le délire de ces deux compères, je vous recommande ce site en trois partie : partie 1, partie 2 et partie 3. C'est la "grande table de la Terre" et son sens de parcours bizarre qui a certainement guidé Gordon Rugg.

Et si le texte contenait de l'information

Le fils de John Dee a écrit dans une lettre qu'alors qu'il avait 8 ans, il se rappelle que son père travailler sur un texte avec une écriture qu'il n'arrivait pas à déchiffrer. La mémoire et les connaissances d'un enfant de huit ans peuvent tout de même jouer des tours ; ce témoignage est tout de même à prendre avec précaution.

Quand on écrit un livre, le but est de transmettre le savoir. Nul besoin de passer autant de temps à illustrer et écrire un texte pour de simples notes de travail. Il est donc extrêmement étrange d'écrire un texte que personne ne puisse relire. Le capitaine Curvier, cryptographe de l'US Navy, a relevé que le texte avait été écrit par au moins deux mains différentes, mais il irait même jusqu'à dire qu'il y en aurait probablement huit. Si plusieurs personnes pouvaient comprendre le texte, l'existence du livre a alors un sens.

Mais, selon lui, des caractéristiques "grammaticales" (terminaisons) sont différentes selon la main, parmi les deux mains dont il est sûr. Les autres parties de texte des autres mains sont trop courtes pour conclure quoique ce soit.

Ces différences dans la "langue" peuvent n'être que des différences stylistiques.

Le contenu n'a aucun intérêt

Que le texte ait un sens ou pas, n'a que peu d'importance, car les connaissances qu'il renferme sont fausses ou déjà connues. L'intérêt est donc purement intellectuel.

Pourquoi le texte est-il chiffré ? Puisque le texte touche des domaines ésotériques, on pourrait se dire qu'il y a un intérêt à cacher ses activités. Mais John Dee et Edward Kelley touchaient ouvertement à ce genre de domaine.

Peut-être comme Léonard de Vinci, qui voulait éviter de se faire voler ses idées. Mais Léonard a eu l'intelligence d'utiliser un système de chiffrement évident (écrire à l'envers, pour être lisible dans un miroir). Ainsi ses connaissances pouvaient tout de même être comprises, une fois le système connu.

Mais on peut se retourner du côté de l'arnaque : faire croire que le texte est dangereux. Vu qu'il manque 42 pages, le vendeur a pu faire croire n'importe quoi : "les pages les plus dangereuses ont été brûlée" ou "ce sont les pages que j'ai réussi à déchiffrer, mais je vous vend le reste car je n'arrive pas à les lire." Pour que l'empereur l'achète 600 ducats, le vendeur a dû bien promettre bien des choses, sur le contenu de ce livre.

Mais les pages manquantes peuvent aussi être des pages qui avaient commencé à être écrites. L'auteur de l'arnaque avait besoin d'un livre ancien pour être crédible. S'il n'avait pas de livre vierge, un livre presque vierge pouvait faire l'affaire. Mais le livre a été réarrangé ce qui fait tomber à l'eau cette théorie, car l'auteur de l'arnaque n'avait pas besoin de dissimuler le fait qu'il manque des pages : il n'avait qu'à démonter et remonter le livre pour retirer les pages écrites... (d'ailleurs cette théorie tombe à l'eau si on ne montait un livre que s'il était fini d'écrire...)

La non conclusion

Comme le disent les zététiciens modernes : "l'absence de preuve, est un fait".

Le fait qu'aucun spécialiste du cassage de code, n'est trouvé la signification, tend à prouver qu'il n'y a pas de chiffrement.

Si le texte a un sens, les spécialistes penchent pour une langue artificielle écrite en phonétique.

Si le texte n'a pas de sens, les spécialistes aimerait bien comprendre par quelle méthode l'auteur a généré le texte, pour qu'il ressemble autant à un texte ayant un sens, par certaines de ses propriétés.

Donc ceci n'est pas la fin du mystère.

Références

* La thèse de doctorat d'Antoine Casanova en français
* le manuscrit de Voynich en PDF
* le manuscrit de Voynich retranscrit avec des lettres européennes en substitution des caractères, avec les différences selon chaque transcripteur

vendredi 29 juillet 2011

Le droit d'auteur pour les nuls

Avant de faire quelques articles sur le droit d'auteur, il me paraît important de bien expliquer ce que c'est.

Copyright

En anglais "copyright" signifie le droit de copier.

Avec l'invention de l'imprimerie, n'importe quel imprimeur pouvait produire n'importe quel livre. Or pour avoir quelque chose à imprimer, il fallait que des auteurs pondent du texte intéressant. Or il faut que l'auteur puisse se concentrer sur ses écrits sans avoir à chercher comment vivre.

Or si un imprimeur achète un manuscrit, il peut rapidement être rapidement concurrencé par un autre.

Vu les petits tirages et les circuits réduits de distribution de l'époque, l'invention d'un droit exclusif à la copie, semblait tout à fait judicieux.

A l'ère de l'informatique, chaque ordinateur est fait pour copier. En une simple combinaison de touches (ctrl-C ctrl-V) n'importe quel document, n'importe quel image, n'importe quel film peut être copié plusieurs dizaines de fois en quelques centièmes de secondes. Et le pire étant que chaque mois, ça va de plus en plus vite.

L'HADOPI porte en elle-même son échec : vouloir empêcher à des ordinateurs de copier, est absurde.

Le dramatique droit d'auteur

Le droit d'auteur français, c'est d'abord vu appliquer au théâtre, où les auteurs avaient du mal à se faire rémunérer, mais aussi, où une pièce pouvait facilement se faire voler par une autre troupe. De nos jours, encore, un auteur peut décider de bloquer une pièce dans toute une région : le spectateur est alors obligé de voire la pièce jouée par la troupe qui en a l'exclusivité. Si vous êtes une troupe associative, mieux vaut être au courant de ce genre de chose avant de commencer à apprendre un texte.

Les défenseurs du droit d'auteur français affirme qu'il est meilleur que le copyright anglo-saxon parce qu'il a des droits inaliénables ; ce sont les droits moraux qui sont au nombre de quatre :
- le droit de divulgation : le droit de communiquer l'œuvre au public est décidé par l'auteur seul, dans des conditions qu'il aura choisies. Cependant, cette prérogative s'épuise lors de son premier exercice ;
- le droit de paternité : l'auteur a droit au respect du lien de filiation entre lui et son œuvre ;
- le droit au respect de l'œuvre
- le droit de repentir : l'auteur peut retirer l'œuvre du circuit commercial, même après sa divulgation.

Le droit de repentir est potentiellement très abusif.

Dans SACEM, il y a auteur, compositeur, mais surtout éditeur

La société des auteurs, compositeur et éditeur de musique, et en charge de la collecte des droits d'auteurs, auprès des radios, des télés, et de tout un tas d'autres intermédiaires.

Selon la légende, Ernest Bourget, Paul Henrion et Victor Parizot, compositeur, parolier et éditeur "connus" (tellement "connus" qu'ils n'ont pas de page Wikipédia !), refusèrent de payer leurs consommations dans un café qui jouait leur musique, estimant qu'ils ne devaient rien puisque le propriétaire de l'établissement utilisait leurs œuvres sans les rétribuer en retour. Les trois compères gagnèrent un procès, qui provoqua, en 1850, la naissance d'un syndicat des auteurs ancêtre de la SACEM.

C'est d'ailleurs l'éditeur qui finança le procès. Grâce à de forts appuient politique, ils purent renforcer le droit d'auteur d'un point de vue juridique.

Notez qu'en matière de musique, ce sont surtout les éditeurs qui sont riches, très rarement les auteurs, les compositeurs, et encore moins les interprètes. Ceci vient bien entendu du nombre de personnes dans chacun de ces groupes. L'éditeur (souvent producteur) est celui qui a l'argent et sait vendre. Contrairement aux autres qui changent tout le temps, l'éditeur peut asseoir ses relations et réellement vivre de son activité. A contrario, les auteurs, les compositeurs et les interprètes peuvent plus facilement se faire avoir, car ils sont souvent nouveaux dans le métier.

D'ailleurs récemment nos parlementaires ont adopté une modification de la loi qui diminue de moitié la prescription des droit d'auteur perçue, modification validée par la SACEM. Ainsi l'argent perçu et non réclamé, appartiendra plus vite à la SACEM : comme c'est beau !

Le droit d'auteur est un concept tiré par les cheveux

Lorsque vous écoutez le dernier Johnny Hallyday chez votre coiffeur, sachez que celui qui a pressé le disque a payé une "taxe" à la société pour l'administration du droit de reproduction mécanique, avant de le donner à son éditeur, qui après avoir pris ses marges l'a vendu. La radio qui l'acquière en a sûrement fait une copie sur un CD vierge ou un disque dur sur lesquels chacun paie une taxe sur les supports vierges. En étant diffusé par les ondes, la radio paie une taxe à la SACEM. Et votre coiffeur lui-même paie une taxe, pour vous-même mais aussi en fonction du nombre de ses employés.

L'indépendance de la SACEM défendue bec et ongles

Tous ces organismes d’extorsion de fond n'aiment pas qu'on appelle leur ponction financière "taxe" car une taxe doit être prélevée par l'état. Mais comment appeler un prélèvement obligatoire dont un organisme a le monopôle garanti par la loi ?

La cour des comptes commence tout de même à avoir un droit de regard très limité sur ce qui se passe à l'intérieur de la SACEM. Les premiers constats sur le peu qu'elle voit n'est pas glorieux : une myriade d'organisme de prélèvement qui se refacture entre eux. La SADRM par exemple, n'a pas d'employés, seulement un conseil d'administration dont les membres sont en fait les mêmes que la SACEM.

Pourtant le droit d'être contrôlé a été dur à obtenir, et a coûté son poste à la ministre de la culture de l'époque.

Références : La commission permanente de contrôle des sociétés de perception et de répartition des droits

Droit d'auteur, vie privée, secrets commerciaux et industriels

Autrefois, la SACEM collectait la taxe des timbres sur les partitions : les chanteurs de rue distribuait des partitions à ceux qui chantait avec eux. Il n'y a pas de petits profits à la SACEM.

Aujourd'hui encore, les agents assermentés de la SACEM s'accordent le droit d'interrompre un cour de musique au conservatoire pour fouiller les sacs des élèves à la recherche de partitions photocopiées sans timbres. Même la police n'a pas le droit de fouiller votre sac personnel : seuls les agents des douanes et la SACEM le peuvent.

Autre droit disproportionné : la SACEM se fait communiquer le chiffre d'affaire de tous les bars et discothèques par le FISC : un droit dont rêvent tous les journalistes pour inspecter le train de vie de nos politiques. Mais la vie privée et le secret industrielle de certains semblent plus important que ceux d'autres.

La SACEM et le cinéma voulait interdire les cassettes audio et les magnétoscope. Mais on se heurte rapidement à des problèmes de vie privée. Accepteriez-vous qu'un agent débarque chez vous à n'importe quelle heure pour vérifier vos enregistrements ? Va-t-on arriver à écouter toutes les conversations téléphoniques parce que potentiellement vous pouvez siffloter un air de musique au téléphone ? Pourtant c'est ce que fait HADOPI : une surveillance généralisée de la population française.

Droit d'auteur et le droit à l'expression

Le droit d'expression ne sert à rien si personne ne peut vous écouter. En voulant couper Internet, HADOPI et les éditeurs de musiques s'accorde le droit de couper le droit d'expression et d'information de n'importe qui. Dans un proche avenir, on imagine qu'il sera facile d'identifier l'auteur d'un blog très gênant. Il sera alors très facile de couper l'accès à lui et à ses amis proches (merci Facebook).

lundi 18 juillet 2011

Le sécutaire à la sauce Sarko défoncé par la cour des comptes

Comment résoudre l'impossible équation de sécuriser la France tout en ne remplaçant pas un fonctionnaire sur deux qui partent en retraite.

La cour des comptes nous a pondu 250 pages pour montrer à quel point l'agitation Sarkozienne n'a fait que de la mousse qui retombe dès qu'il s'occupe d'autre chose.

Alors que la fonction publique craque de partout, prête à s'écrouler, le candidat du travailler plus longtemps par semaine et dans votre vie avec moins de fonctionnaires, n'en est pas à ses premières contradictions.

Une méthode de management à l'américaine : il convoque les 5 meilleurs préfet et les cinq pires. Il félicite les premiers et engueule les seconds. Pas de chance, un car a loupé son virage, et vos statistiques sont plombés pour l'année. Dommage à un kilomètre près, le chauffeur de bus s'endormait sur les routes du "meilleur" de ce mois-ci.

A lire absolument :
- le blog insécurité du Monde
- un résumé du rapport

Jamais un gouvernement n'avait fait autant de lois sécuritaires. Les décrets d'une loi ne sont pas encore publiés au journal officiel, que la suivante est déjà mis au programme de l'assemblée nationale. Et pourtant, jamais aucun gouvernement, ne nous a autant menti sur l'efficacité de ces lois. Claude Géant, ministre de l'intérieur a même présenté des chiffres faux (même Bayrou s'en émeut).

La police municipale : un ineptie contre la république

L'ancien nom de la police municipale c'est "garde champêtre". Comme le nom l'indique, ils gardaient les champ, mais aussi leur rôle se limiter à dresser des PV pour les stationnements gênant et aider les enfants à traverser devant l'école.

La transformation en pseudo-police est extrêmement préjudiciable : lors d'un braquage, une policière municipale s'est fait tirer dessus alors qu'elle n'était pas armée. Sa vie aurait été sauve, si elle n'avait pas eu le mot "police" sur son blouson. Au lieu de voir cette évidence, les syndicats de police municipale manifeste pour avoir le port d'arme. Heureusement, les syndicats des vrais policiers ne veulent pas de cela.

Le nœud du problème, est que les policiers prennent leurs ordres du maire. Les sénateurs sont tous des maires et les députés le sont quasiment tous. Car les sénateurs sont élus par les maires. Il faudrait être débile pour ne pas voir là un dangereux conflit d'intérêt.

En s'octroyant le droit d'avoir une milice, les maires sont devenus des minis dictateurs à leur échelle. Les maires cumulent de fait des pouvoir législatifs (arrêté communaux, permis de construire) et exécutifs (police municipales). Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que les polices municipales se sont surtout développées dans le sud : les tendances mafieuses remontent vite.

Les découpages municipaux deviennent complètement absurdes avec les fusions d'aire urbaine. Selon la définition de l'INSEE, une aire urbaine est un ensemble de communes d'un seul tenant ayant une forte dépendance économique (au moins 40% de la population d'une commune travaille chez une autre). Par exemple, l'aire urbaine de Paris regroupe 394 communes (et 4 régions). Un entrelacs multi-couche très préjudiciable pour les "banlieusards" qui ne profitent pas complétement des avantages de la capitale (par exemple le métro, le prix des transports en commun, le vélib, et bientôt l'autolib).

La police municipale accroît les inégalités locales. Une ville qui lève suffisamment d'impôts peut s'offrir une police municipale efficace. Mais une ville dont une bonne partie de la population a un faible salaire, ne peut pas s'offrir la même sécurité. Or, quand ces deux "municipalités" ne forment qu'une seule et même aire urbaine, il n'est pas normal que l'une profite plus des services publiques que l'autre.

La police municipale ne devrait pas avoir vocation à se substituer à la police nationale. La dépendance des cowboys à leur maire est une évidence.

Quels solutions ?

- renommons la "Police Municipale" en quelque chose de moins trompeur : "Sécurité municipale" par exemple.
- diminuons les pouvoirs de la police municipale
- fusionnons les communes qui sont dans une même aire urbaine
- interdisons aux maires d'être député

mardi 12 juillet 2011

Leclerc et moi n'avons pas la même notion du "gratuit"

Jambon Supérieur Avec Couenne 6 tranches
270g (45g par tranche)

Jambon Supérieur Avec Couenne 6 tranches + 2 gratuites
viande de porc français 360g (45g par tranche)

vendredi 8 juillet 2011

Les "décroissants" n'ont rien compris à l'économie

Vous n'y comprenez rien à l'économie, mieux vous ne savez même pas ce qu'est l'économie ? Devenez un "décroissant" !

Non, je ne critique pas du tout le choix de consommer le moins possible de biens jetables ou démodables : c'est tout à fait juste. Je critique ici les faux arguments économiques employés, voir ce qu'ils appellent le "rejet de l'économie".

Les "décroissants" n'aiment pas l'économie, et ils ont tord. L'économie est une science neutre : typiquement le communisme et le libéralisme sont deux visions de l'économie. Sachez avant tout que les financiers et les banquiers utilisent de faux arguments économiques, pour vous expliquez qu'on n'a pas d'autre choix de faire comme ils l'entendante. Étant juges et parties, comprenez bien qu'ils défendent avant tout, leurs intérêts de banquier et de financier, rarement ceux de leur clients.

Je vais tenter d'expliquer pourquoi la décroissance est impossible, car la croissance est organisée. Et pourquoi il est impossible de "sortir de l'économie". Il est impossible d'expliquer cela sans faire un cour rapide sur les notions de base de l'économie.

Çasera sûrement dense et indigeste, mais il faut bien que vous rattrapiez ce qu'on apprend très mal à l'école.


Qu'est-ce que l'économie ?

L'économie est l'étude des échanges entre les hommes.

Comme dirait Cyrano, ceci  est un peu court, et pourtant tout y est, dans sa plus pure simplicité.

Dans cette définition, notez que je ne parle pas d'argent : en effet pas besoin de monnaie pour échanger. Même dans une société de troc, l'économie aura sa matière d'étude : les échanges.

Même dans un système communiste (où tout appartient à tout le monde), il y aura toujours de quoi étudier : calculer le nombre d'heures travaillés, et la quantité de nourriture que chacun utilise. Remarquez aussi que l'économie est tout simplement un outil et qu'elle est apolitique. Elle peut servir un système communiste à déterminer comment doit être réparti la nourriture, ou les autres marchandises de manière équitable.

Dire qu'on va "sortir de l'économie" est aussi absurde que de dire qu'on va continuer à parler en sortant de la linguistique.



Qu'est-ce que la monnaie ?

La monnaie est devenue fiduciaire dans les années 1930, pour tous les pays sauf les USA, et en 1971 pour les USA. Avant ces dates, l'échange de la monnaie contre de l'or était garanti. Après ces dates, la valeur de l'or et de la monnaie sont devenues indépendantes.

Que signifie fiduciaire ? Cela signifie "de confiance".

La base de l'économie est la confiance. En acceptant d'échanger un bien contre un autre, vous faîtes confiance à la personne avec qui vous échangez. Vous faites aussi confiance à la police, qu'en cas de problème, elle ira récupérer votre bien mal acquis. Vous faites confiance à votre banquier qui garde votre argent. Implicitement, vous faites tout le temps confiance à plein de monde, et en particulier vous faites confiance en la monnaie, car vous êtes certain d'être capable de l'échanger contre de la nourriture, un toit, des vêtement et tout un tas de trucs inutiles dans un proche avenir.

A la base, la monnaie est simplement de l'encre sur du papier, ou un nombre sur un compte en banque. La valeur du papier ou des transistors qui supporte la monnaie se valent quasiment rien, par rapport à la valeur de la monnaie elle-même. C'est cela la monnaie fiduciaire : vous faites confiance à la banque centrale qui émet la monnaie et à tous ceux qui acceptent cette monnaie comme paiement.

La monnaie n'a pas d'autre valeur que celle qu'on veut bien qu'elle ait.


Qu'est-ce que la richesse ?

Imaginez Jean-Jacques Goldman ou Johnny Halliday ruiné et criblé de dette. Il contacte un producteur, organisme un concert au stade de France un mois plus tard, et les voilà de nouveau avec un compte bancaire positif.

Google et Facebook sont les sociétés les plus côtés en bourse. Pourtant, elles fournissent un service gratuit, et ont été longtemps déficitaires.

Si vous avez suivi jusqu'à maintenant, vous savez que l'économie c'est l'étude des échanges entre les hommes, peu importe qu'il y ait de l'argent ou pas. C'est là qu'est la clef : les hommes. Google, Facebook, Jean-Jacques Goldman ou Johnny Halliday ont comme point commun de rassembler un grand nombre de personnes.

Une erreur classique est de croire que la richesse se mesure par la quantité d'argent. Cet argent ne sert à rien, si vous devenez tellement impopulaire que personne n'accepte de vous vendre quoique ce soit.

En fait, l'homme n'est pas qu'un moyen de production, ni un simple consommateur : il est le point central de l'économie. Sans l'homme, le billet de banque, n'est même pas un bout de papier. C'est ce que le billet représente qui a de la valeur, et il ne peut représenter quelque chose qu'au travers de l'homme.

Donc, maintenant vous connaissez les deux piliers de l'économie :
- les hommes
- la confiance


Ou plutôt qu'est-ce que la valeur ?

Contrairement à ce que pensent certains (beaucoup trop nombreux), la valeur n'est pas toujours quantifiable en monnaie. Par exemple des notes que je prends dans le cadre de mon travail, me sont très utiles. Plus je passe de temps à les écrire, ou à calculer, plus elles ont de valeur pour moi. Pourtant, elles ne sont utiles qu'à moi (entre autre parce que je suis le seul à pouvoir les lire). Si seul l'offre et la demande entrait en jeu, personne n'en voudrait. Donc ces notes ne valent rien.

Pourtant ce sont ses notes qui me rapporte beaucoup d'argent. La notion de valeur est bien souvent indépendante de l'argent. Quand deux personnes font du troque, elles estiment chacune que l'objet reçu vaut plus que l'objet donné.

C'est d'ailleurs comme ça qu'il faudrait voir ses propres achats : l'argent donné vaut moins que ce qu'on achète. Le "juste prix" (l'expression et l'émission de télé) est une invention commerciale pour vous faire payer plus cher possible, avec votre consentement.

Même les comparaisons de valeur de biens ne sont pas toujours évidentes. Qu'est-ce qui a le plus de valeur : le bloc de papier ou le crayon ? L'un sans l'autre est inutile. Remarquez qu'il en est de même entre un patron et ses employés, et pourtant, quelle énorme différence de salaire !

En tout cas sachez que les économistes ne sont pas d'accord sur la notion de valeur. Voyez :
 - l'article wikipédia sur la valeur
 - la notion de valeur objective
 - la notion de valeur subjective

Alors que les marxistes estiment que la valeur doit dépendre de la quantité de travail qui y a été mis, les écologistes voudrait plutôt qu'elle dépende de l'utilisation d'énergie fossile. Le libérale ne jure que par l'offre et la demande pour fixer les prix. Tandis que le revendeur, à son échelle n'a qu'une seule règle : "si tout se vend, c'est que ça n'était pas assez cher" et applique des soldes sur les invendus.


Qu'est-ce que la croissance ?

La définition formelle de la croissance économique est "la variation positive de la production d'un pays". Avec une telle définition, les décroissants semblent avoir raison.

Mais ne vous laissez pas avoir par l'énoncé. La croissance est en fait la variation positive du PIB. Il y a trois méthodes (selon wikipédia)  pour calculer le PIB. L'une d'elle consiste à utiliser la TVA ; c'est celle qui est utilisée d'ailleurs.

C'est donc en rapport avec la valeur en monnaie. Donc peu importe que le pays produise du vent, le PIB peut augmenter, sans réel rapport avec ce qu'on utilise comme matière première.

Si du jour au lendemain, tous les français devenaient danseur ou chanteur, et qu'on s'achetait entre nous des places de théâtre plutôt chères, le PIB de la France pourrait doubler ou tripler sans aucun problème.

Le PIB est considéré comme un nombre important, parce qu'il représente ce qu'un pays peut potentiellement lever comme impôt.


Comment la croissance est entretenue ?

La Banque Centrale Européenne a pour mission unique : maintenir le taux d'inflation le plus près possible de 2%, sans jamais le dépasser. Elle parvient à ses fins, en émettant plus ou moins de monnaie, et en jouant sur les taux d'intérêts de ses prêts et de ses dépôts.

Comme on vient de le vouloir, les prix déterminent le PIB et donc le taux de croissance. Il y a aussi la volonté des gens à acheter : tout ça dépend du "moral", et donc en quelque sorte en la confiance en l'avenir. (Hommes et confiance)

Mais grosso modo, sans rien faire, nous savons d'avance que la croissance sera de 2%, tout au moins en moyenne. Mais ça ne veut absolument pas dire que l'on consomme plus de ressources naturelles : seulement que les prix augmentent...

En fait, c'est l'argent qui perd de sa valeur : avec le même argent, on achètera moins de chose. La "croissance" ne fait que refléter (très) indirectement cette perte de valeur.

Mais pour détailler tous les mécanismes qui entrent en jeu, et pourquoi la mission de la banque centrale est de maintenir l'inflation autour de 2%, il faudrait un autre article. Retenez juste que sa mission est de stabiliser le taux d'inflation.


La conclusion

En voulant "sortir de l'économie", les décroissants montrent qu'ils n'ont rien compris. Le discours semble séduisant, mais si on tire la ficelle jusqu'au bout, que veulent-ils ? Le communisme ? Tout appartient à tout le monde. Ils y remettent une couche d'amitié et de convivialité. Avec un tel discours, ils oublient tous les défauts humains qui reviennent avec force dès qu'on les oublie : sectarisme, copinage politique, corruption, conflits d'intérêt.

Le but est-il de faire comme autrefois ? Ouvrez les yeux ; jamais l'homme n'a vécu aussi longtemps, n'a mangé aussi bien.

Pensez à l'épée du samouraï : si vous essayez de la bloquer de front, vous n'avez aucune chance. Si vous l'accompagner, pour le détourner, vous avez déjà plus de chance de réussir. Ce n'est pas en affrontant le système qu'on peut le changer.


L'anticonclusion

C'est dire à quel point nos hommes politiques ont peu de pouvoir sur l'économie. Tout ce qu'ils peuvent faire c'est choisir qui ils vont imposer et taxer le plus. Faire croire qu'on taxe moins les riches pour qu'ils investissent et boostent l'économie, est tout simplement un mensonge : l'inflation et l'augmentation du PIB ne dépendent absolument pas de ça. L'UMP est un parti qui fait croire qu'il est bien de "travailler plus pour gagner plus" et prône "la reconnaissance au travers du travail", alors que ses grands donateurs ont suffisamment d'argent pour n'avoir jamais travaillé de leur vie.